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🧭Gouvernement Lecornu II



















🤔Difficultés majeures pour les petites communes dans l'application de la loi SRU
7 juil. 2026 •
Romain Tonussi
• urbanisme
M. Romain Tonussi appelle l'attention de M. le ministre de la ville et du logement sur les difficultés croissantes rencontrées par les petites communes dans l'application des dispositions de l'article L. 302-5 du code de la construction et de l'habitation relatives aux obligations de production de logements locatifs sociaux. Les modalités actuelles de mise en œuvre de la loi dite « SRU » conduisent, dans de nombreux territoires, à des situations particulièrement pénalisantes, et principalement pour les communes de taille modeste. Plusieurs d'entre elles, à l'image de la commune de Grans, se voient ainsi déclarées en état de carence alors même qu'elles ont engagé des efforts significatifs en faveur de la production de logements sociaux et qu'elles sont confrontées à des contraintes objectives tenant à la rareté du foncier disponible, à la préservation des espaces agricoles et naturels, aux risques environnementaux ou encore à l'insuffisance des équipements publics. L'application uniforme d'objectifs nationaux, sans prise en compte suffisante des spécificités territoriales, conduit à fragiliser la libre administration des collectivités territoriales en transférant au préfet des prérogatives importantes en matière d'urbanisme, tout en exposant les communes concernées à des pénalités financières parfois particulièrement lourdes. De nombreux élus locaux dénoncent une approche essentiellement quantitative qui ne permet pas de concilier les objectifs de mixité sociale avec les capacités réelles d'accueil des territoires, la préservation de leur identité et le maintien d'un développement urbain maîtrisé. Dans un contexte où les maires sont les premiers garants de l'équilibre de leur commune et de la qualité de vie de leurs administrés, M. le député estime indispensable que les objectifs fixés par l'État puissent davantage tenir compte des réalités locales et des efforts effectivement accomplis. En conséquence, il lui demande si le Gouvernement entend faire évoluer les modalités d'application de la loi SRU afin de renforcer la prise en compte des contraintes propres aux petites communes, notamment au travers d'une modulation plus importante des objectifs de rattrapage et d'une limitation du recours aux procédures de carence lorsque les collectivités démontrent leur volonté de progresser, et s'il envisage de garantir une meilleure association des maires à la définition des objectifs qui leur sont assignés, dans le respect du principe constitutionnel de libre administration des collectivités territoriales.
↕️Tri
💡 • 20 oct. 2026 •
Vincent Jeanbrun
, Ministère de la ville et du logement • 📌Épinglé
Les obligations de production de logements locatifs sociaux, prévues par l'article L. 302-5 du code de la construction et de l'habitation (CCH) issu de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la solidarité et au renouvellement urbains (SRU), visent à garantir une répartition équilibrée de l'offre sociale sur le territoire national et à favoriser la mixité sociale. Ce dispositif s'applique aux communes de plus de 3 500 habitants (1 500 habitants dans l'unité urbaine de Paris) appartenant à un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) ou une unité urbaine de plus de 50 000 habitants incluant au moins une commune de plus de 15 000 habitants. Pour mieux accompagner les communes déficitaires qui rencontrent des difficultés réelles à produire, la loi n° 2022-217 du 21 février 2022 relative à la différenciation, la décentralisation, la déconcentration et portant diverses mesures de simplification de l'action publique locale, dite « 3DS », a instauré la possibilité d'aménager l'atteinte progressive des objectifs de production. Les communes carencées ont été ainsi invitées par les préfets à conclure des contrats de mixité sociale permettant d'objectiver les contraintes et, le cas échéant, d'adapter les objectifs de rattrapage. La conclusion et le suivi de ces contrats de mixité sociale sont des moments forts de partage d'informations et d'échanges entre les maires et les services de l'Etat afin de pouvoir s'adapter au mieux aux contraintes locales. Dès lors qu'une commune ne remplit pas ses objectifs triennaux, il appartient au préfet de département de juger de l'opportunité de prononcer la carence, sur la base des éléments d'explication fournis par la commune et des échanges engagés avec elle, en tenant compte des orientations nationales résultant de l'instruction du Gouvernement relative aux conditions de réalisation du bilan triennal du dispositif de l'article 55 de la loi SRU et de la procédure de constat de carence publiée tous les trois ans et après avoir pris l'avis des instances consultatives compétentes en la matière (commission nationale SRU et comité régional de l'habitat et de l'hébergement). Le respect des orientations nationales déclinées dans l'instruction gouvernemental doit permettre de garantir le principe d'égalité entre les communes. Cette instruction demande aux préfets de prêter une attention toute particulière à l'ensemble des contraintes locales. La carence n'est donc pas appliquée de manière automatique dès lors qu'une commune ne remplit pas pleinement ses objectifs triennaux. Elle résulte d'une analyse fondée sur les contraintes communales et le contexte local. La situation des communes est ainsi prise en compte, notamment pour valoriser le volontarisme et l'engagement de celles qui s'inscrivent dans une trajectoire d'atteinte des objectifs fixés par la loi SRU. Ces particularismes locaux seront pris en compte dans le bilan triennal 2023-2025 qui sera réalisé d'ici le 30 décembre 2026.
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