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🧭Gouvernement Lecornu II



















🤔Évaluation et pilotage des politiques de verbalisation
14 juil. 2026 •
Abdelkader Lahmar
• crimes, délits et contraventions
Précédemment
M. Abdelkader Lahmar appelle l'attention de M. le Premier ministre sur la nécessité d'une évaluation globale, interministérielle et transparente des politiques de verbalisation et des sanctions pécuniaires de masse, ainsi que sur l'absence actuelle de dispositif de suivi consolidé permettant d'en mesurer les effets sociaux, territoriaux et institutionnels. Les politiques de verbalisation et de sanction pécuniaire mises en œuvre en France reposent sur une chaîne d'acteurs multiples impliquant les forces de sécurité intérieure, les autorités judiciaires, les services de recouvrement de l'État et des agences de traitement automatisé des infractions. Cette fragmentation institutionnelle rend particulièrement difficile toute appréhension globale de ces politiques publiques. Or, ces dernières années, le recours aux contraventions, aux amendes forfaitaires et aux amendes forfaitaires délictuelles s'est considérablement intensifié, conduisant à une massification des procédures de sanction pécuniaire et à une automatisation croissante de leur traitement. Plusieurs institutions indépendantes ont alerté sur les limites de cette architecture administrative au regard des exigences de transparence et d'évaluation des politiques publiques. Le Défenseur des droits a souligné à plusieurs reprises que l'absence de données consolidées et de traçabilité des contrôles et des verbalisations constitue un obstacle majeur à la prévention des discriminations et à l'évaluation des politiques de sécurité publique. Ces préoccupations ont été renforcées par plusieurs décisions juridictionnelles récentes, notamment la reconnaissance par le Conseil d'État de pratiques de contrôles d'identité discriminatoires et la condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l'homme pour de tels faits. Par ailleurs, des travaux académiques ainsi que des rapports d'organisations de défense des droits fondamentaux, dont Human Rights Watch et (Re)Claim, ont mis en évidence les effets cumulés des politiques de verbalisation sur certaines populations, notamment en matière d'accumulation de sanctions, d'endettement et de difficultés d'accès aux recours effectifs. Dans ce contexte, l'absence de pilotage interministériel consolidé et de publication régulière de données globales relatives à l'ensemble de la chaîne de la verbalisation apparaît particulièrement problématique au regard des exigences constitutionnelles de transparence de l'action publique et d'évaluation des politiques publiques. Il en résulte une impossibilité pour le Parlement d'exercer un contrôle effectif sur des politiques qui engagent pourtant des volumes financiers et administratifs considérables ainsi que des conséquences sociales potentiellement importantes. Dans ce cadre, il lui demande de bien vouloir préciser les dispositifs de coordination existants entre les ministères de l'intérieur, de la justice, de l'économie et des comptes publics en matière de suivi des politiques de verbalisation et de sanctions pécuniaires. Il lui demande également si le Gouvernement dispose aujourd'hui d'un système consolidé de données permettant de suivre de manière unifiée les contrôles d'identité ; les verbalisations et amendes forfaitaires ; les amendes forfaitaires délictuelles ; les suites judiciaires des contestations ; les modalités de recouvrement par la DGFiP ; les taux de recours effectifs et les éventuelles disparités territoriales dans l'ensemble de cette chaîne. Il souhaiterait savoir si le Gouvernement dispose d'indicateurs transversaux permettant de relier les différentes étapes de la chaîne de verbalisation, depuis le contrôle initial jusqu'au recouvrement final, afin d'évaluer les effets globaux des politiques de sanction pécuniaire de masse. Il lui demande également si une évaluation interministérielle des effets sociaux, territoriaux et économiques des politiques de verbalisation a été réalisée ou est en cours, notamment au regard des alertes formulées par le Défenseur des droits et par plusieurs organisations nationales et internationales de défense des droits fondamentaux. Il souhaiterait savoir si le Gouvernement envisage la création d'un dispositif national de type observatoire des sanctions pécuniaires, chargé de centraliser et publier l'ensemble des données relatives aux contraventions, aux amendes forfaitaires et aux amendes forfaitaires délictuelles, ainsi qu'à leurs suites judiciaires et financières. Il lui demande si le Gouvernement envisage la mise en place d'une publication annuelle en open data, permettant au Parlement, aux chercheurs, aux collectivités territoriales et aux autorités indépendantes de disposer d'une vision consolidée et traçable des politiques de verbalisation et de leurs effets. Enfin, il lui demande si le Gouvernement entend se saisir des recommandations formulées par le Défenseur des droits ainsi que des travaux académiques et enquêtes récentes d'organisations de défense des droits fondamentaux afin de renforcer la transparence, l'évaluation et le contrôle démocratique de ces politiques publiques.
↕️Tri
💡 • 20 oct. 2026 •
Gérald Darmanin
, Ministère de la justice • 📌Épinglé
Concernant les amendes prononcées par les juridictions pénales en matière contraventionnelle, délictuelle ou criminelle, le ministère de la Justice dispose des données issues du logiciel AMD, qui permet la prise en charge et le traitement de ces amendes par le ministère des Finances. Celles-ci permettent un suivi régulier des montants pris en charge (429 millions d'euros en 2024, dont 378 étaient recouvrables après déduction des annulations), ainsi que de leur recouvrement en fin d'année N+1 (50% des montants recouvrables en 2024). Pour les amendes forfaitaires, seule la partie prise en charge par le ministère des Finances pour recouvrement après majoration permet, sur la base de l'application AMD, un suivi précis par le ministère de la Justice. Cette source exclut donc de l'analyse l'ensemble des montants spontanément payés par les redevables qui représentent la plus grande partie des montants encaissés. Au total, 3,3 milliards d'euros d'amendes forfaitaires majorées ont été pris en charge par le ministère des Finances en 2024, dont 3 milliards étaient recouvrables après déduction des annulations. Fin 2025, 26 % de ces montants avaient été recouvrés, soit 785 millions d'euros. Le taux de recouvrement s'élevait à 27 % pour les amendes forfaitaires majorées contraventionnelles et de 20 % pour les amendes forfaitaires majorées délictuelles. La source AMD offre donc une vision assez partielle de l'exécution des amendes. Elle permet cependant une description fiable principalement des montants pris en charge, sans qu'il ne puisse être distingué les montants émis au titre des amendes et ceux dus au titre des droits fixes, le ministère des Finances les agrégeant. Pour les amendes forfaitaires délictuelles, le ministère de la Justice dispose de données fournies par l'ANTAI, extraites de l'application AGdD. A la différence d'AMD, l'unité de compte privilégiée par AGdD est l'amende, les montants émis n'étant disponibles que par déduction, sur la base des montants forfaitaires prévus par les textes. D'après les données disponibles fournies en 2025 et concernant les amendes émises entre 2019 et 2022, deux ans après leur émission, 22 % des amendes émises avaient été payées spontanément et 9 % avaient été recouvrées après majoration. Le taux global d'exécution à deux ans s'élevait ainsi à 31 %, avec toutefois des écarts selon la nature des infractions : 46 % pour les amendes émises à l'encontre d'usagers de stupéfiants et 22 % pour les délits routiers.
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