Les travaux forestiers demeurent un secteur à risque d'accident du travail élevé, particulièrement dans l'activité d'exploitation du bois. Selon les derniers chiffres disponibles de la mutualité sociale agricole (MSA), le nombre d'accidents du travail avec arrêt concernant les non-salariés (entrepreneurs de travaux forestiers notamment) et salariés bûcherons est passé de 1 375 en 2020 à 1 140 en 2024 (- 17 %). Sur la même période, le nombre d'accidents du travail non mortels est passé de 203 à 190 (- 6,4 %). Le nombre d'accidents mortels du travail est en moyenne de 10 accidents par an sur cette même période. Le taux de fréquence d'accidents avec arrêt (nombre d'accidents par milliers d'individus) se situe pour les non-salariés du secteur forestier à 60,2 pour un taux moyen, tous secteurs agricoles confondus, de 23,3. Sur la période 2020-2024, le taux de fréquence, tous accidents confondus (y compris sans arrêt), est passé cependant de 85 à 68. Pour les salariés du secteur forestier, le taux de fréquence d'accident avec arrêt est de 49,3, le taux, tous secteurs agricoles confondus, n'étant que de 22,5. De 2020 à 2024, le taux de fréquence, tous accidents confondus, est passé de 73 à 54. Si ces chiffres font état d'une certaine amélioration ces dernières années, il ne saurait être question de s'en satisfaire. Aussi, un effort est engagé dans plusieurs directions : d'une part, mieux contrôler les règles de sécurité applicables afin d'améliorer leur effectivité ; et d'autre part, préparer des évolutions réglementaires. La réglementation du travail prévoit déjà des dispositions spécifiques et adaptées relatives à la santé et à la sécurité des travailleurs forestiers (articles R. 717-77 à R. 717-85 du code rural et de la pêche maritime). Ces règles, issues d'un décret paru en 2016, restent très inégalement appliquées et nombre d'accidents sont dus à leur mauvaise application. Celle-ci prévoient par exemple que le donneur d'ordre et les entreprises intervenantes évaluent l'état sanitaire des arbres à couper avant de débuter le chantier forestier. L'analyse des accidents du travail met cependant en exergue que la qualification insuffisante des opérateurs est fréquemment une des causes majeures des accidents du travail graves ou mortels. La mise en place d'une qualification professionnelle minimale pour les bûcherons manuels, à laquelle travaillent les services du ministère chargé de l'agriculture, permettrait de répondre à un double enjeu : améliorer la sécurité dans un secteur particulièrement exposé aux accidents du travail ; et professionnaliser une filière essentielle à l'économie. Les impacts sur les entreprises, notamment les plus petites, doivent être pris en compte et des mesures de simplification sont à l'étude, comme l'utilisation de la plateforme « démarches simplifiées » et du système IMI (système d'information du marché intérieur), afin de faciliter la reconnaissance des qualifications étrangères. Un projet de décret, élaboré en concertation avec les professionnels, pourrait être mis en œuvre dès que ces outils auront été testés et seront opérationnels, afin d'allier exigence de sécurité et accessibilité pour les entreprises. Par ailleurs, la prévention des accidents du travail dans les secteurs à forte sinistralité constitue une priorité fixée par le Gouvernement et figure notamment dans les orientations du plan national d'action (PNA) de l'inspection du travail 2026-2029, à l'instar du plan précédent. Dans ce cadre, l'inspection du travail intervient régulièrement dans le secteur forestier, afin de vérifier le respect des règles de santé et de sécurité au travail, notamment en matière d'évaluation des risques, d'organisation des chantiers, de formation des salariés, d'utilisation des équipements de travail et des équipements de protection individuelle. Ainsi, les agents de contrôle de l'inspection du travail ont réalisé en 2024 comme en 2025, près de 400 interventions par an dans des entreprises forestières ou sur des chantiers forestiers, dont la très grande majorité portait sur la prévention des atteintes à la santé et à la sécurité au travail.