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🧭Gouvernement Lecornu II



















🤔Application des dérogations jachères en situation de canicule et risque incendie
21 juil. 2026 •
Alexandre Dufosset
• agriculture
M. Alexandre Dufosset attire l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur les conditions d'application des dérogations relatives aux jachères accordées dans le contexte des épisodes caniculaires et du risque accru d'incendie. Les épisodes de chaleur exceptionnelle enregistrés depuis la fin du mois de juin 2026 ont placé de nombreuses exploitations agricoles dans une situation particulièrement difficile. Le déficit hydrique, les restrictions d'usage de l'eau, la dégradation des ressources fourragères ainsi que l'augmentation du risque d'incendie affectent directement les productions végétales et les élevages. Dans plusieurs territoires, les exploitants doivent adapter en urgence leurs pratiques afin de préserver leurs cultures, de sécuriser l'alimentation des animaux et de limiter les départs de feu. Afin de répondre à cette situation, le ministère de l'agriculture a annoncé, les 23 juin puis 1er juillet 2026, plusieurs mesures destinées à faciliter le fauchage ou le pâturage des jachères lorsque ces opérations sont rendues nécessaires par des obligations préfectorales de prévention des incendies, tout en maintenant l'éligibilité des surfaces concernées aux aides de la politique agricole commune. Ces annonces ont été favorablement accueillies par les agriculteurs. Leur mise en œuvre soulève toutefois plusieurs interrogations. Les possibilités ouvertes demeurent subordonnées à la publication d'arrêtés préfectoraux et à leur interprétation par les services compétents, ce qui fait craindre des différences d'application entre les départements. Les exploitants ont besoin d'une doctrine nationale claire afin de pouvoir prendre rapidement les décisions nécessaires sans craindre une remise en cause ultérieure de leurs aides de la PAC lors des contrôles administratifs. Alors que les épisodes climatiques extrêmes sont appelés à se multiplier, la rapidité et l'homogénéité de la mise en œuvre des mesures d'urgence constituent un enjeu essentiel pour assurer la sécurité juridique des exploitants et préserver la continuité de leur activité. Par conséquent, il lui demande quelles instructions ont été adressées aux préfets et aux services chargés de la mise en œuvre et du contrôle de la politique agricole commune afin de garantir une application homogène sur l'ensemble du territoire des dérogations relatives au fauchage et au pâturage des jachères, quelles modalités d'information des exploitants ont été retenues et quel premier bilan le Gouvernement dresse de la mise en œuvre de ces mesures depuis leur annonce.
↕️Tri
Les dérogations qui peuvent être octroyées pour certaines exigences de la politique agricole commune (PAC) en cas d'événements climatiques exceptionnels se basent réglementairement sur la notion de force majeure telle qu'elle résulte de la jurisprudence européenne.  La reconnaissance de la force majeure suppose de pouvoir démontrer d'une part des circonstances anormales et étrangères à l'exploitant et d'autre part l'obligation, pour l'exploitant, de se prémunir contre les conséquences de l'évènement anormal en prenant des mesures appropriées sans consentir de sacrifices excessifs (et qui de fait dérogent aux exigences de la PAC). Les services de l'État qui mettent en place des dérogations dans le cadre de la force majeure disposent d'instructions techniques du ministère précisant les conditions de mise en œuvre de la force majeure. L'administration centrale appuie également les services déconcentrés dans l'octroi de ces dérogations en particulier pour que les mêmes critères soient retenus au niveau national. Dans le cas des jachères, les dérogations à leur interdiction de valorisation s'appuie sur des critères objectif : les indicateurs ISOP (indicateur de pousse des prairies évalué par le ministère chargé de l'agriculture) et EDO (European Drought observatory) au niveau européen. Lorsque ces indicateurs montrent un déficit important dans la pousse des prairies ou un indicateur de sécheresse combinée négatif, des dérogations peuvent être accordées aux éleveurs qui manquent de fourrages. La dérogation a été étendue début août aux non-éleveurs qui fournissent du fourrages aux éleveurs impactés par la sécheresse, suite à la validation par la Commission européenne de la demande de la France portée sur ce sujet. L'information des agriculteurs est assurée par les services déconcentrés dès que les conditions sont réunies pour caractériser un évènement exceptionnel.
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