Les conditions climatiques extrêmes qu'ont connues de nombreux territoires français cet été ont poussé les autorités préfectorales à prendre différentes mesures de protection des populations. Plusieurs manifestations de plein air ont ainsi dû être annulées ou reportées. Les services de la direction générale de la création artistique (DGCA) du ministère de la culture ont recensé 97 festivals de l'été ayant fait l'objet d'une annulation partielle ou totale pour des raisons liées au climat. Ces annulations ont des conséquences économiques pour les organisateurs des festivals. Elles en ont également pour les artistes et techniciens dont les contrats de travail n'ont pas pu être exécutés. Si l'ampleur de la canicule de l'été 2026 a été exceptionnelle, le réchauffement climatique signifie que des épisodes de forte chaleur se reproduiront dans les années à venir. Des solutions d'adaptation de court et de moyen terme doivent donc être mises en uvre. Elles relèvent pour partie de l'État, qui y contribue en déployant le projet « Adapter les territoires et les lieux d'art et de spectacles » (ATLAS), qui repose sur des diagnostics de vulnérabilité auprès de 20 structures représentatives, l'objectif étant de produire des outils utiles à l'ensemble du secteur. Mais les solutions d'adaptation à mettre en place pour renforcer la résilience du secteur relèvent aussi de la responsabilité des collectivités territoriales et des partenaires sociaux, notamment en ce qui concerne les conditions de travail. Consciente de la nécessaire implication de toutes les parties prenantes, la DGCA a conduit, de novembre 2023 à mars 2025, au sein du Conseil national des professions du spectacle (CNPS), un groupe de travail dédié aux enjeux de la transition écologique du secteur. Trois des 16 préconisations de ce groupe de travail concernent des mesures d'adaptation. La première, qui souligne le besoin d'analyser la soutenabilité du système assurantiel actuel des manifestations culturelles et notamment des festivals, s'est traduite par une mission récemment confiée au centre national de la musique (CNM). La seconde préconise d'enrichir le plan de prévention des risques professionnels des entreprises du secteur en y intégrant les nouveaux risques climatiques. Des travaux ont débuté avec Thalie Santé afin, notamment, d'adapter l'outil permettant aux structures d'établir leur document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP). Enfin, la dernière préconisation consiste à intégrer au sein des conventions collectives une obligation de négociation périodique sur l'adaptation des conditions de travail au changement climatique et ses conséquences. Les commissions paritaires des différentes conventions collectives en ont été informées. Parallèlement à ces actions structurantes, le ministère de la culture entend également ouvrir avec le ministère de l'intérieur un chantier visant à établir une doctrine commune et stabilisée sur les conditions et les modalités de maintien ou d'annulation des festivals, afin, d'une part d'homogénéiser les pratiques sur l'ensemble du territoire et, d'autre part, de doter les différents acteurs d'une meilleure visibilité sur les risques pesant sur les manifestations dont ils ont la responsabilité.