La télévision numérique terrestre (TNT) joue un rôle majeur parmi les différents modes de diffusion de la télévision, par son caractère souverain, gratuit et universel. Elle est utilisée par environ 35 % des foyers équipés d'un téléviseur, et près d'un septième des foyers équipés en dépend exclusivement. Son usage recule toutefois depuis plus de dix ans, tandis que les coûts de diffusion acquittés par les éditeurs augmentent, notamment en raison du gel du multiplex R3 consécutif à l'arrêt en TNT de l'offre payante de Canal+ en juin 2025. Dans le même temps, la baisse des recettes publicitaires et la concurrence des services en ligne fragilisent le modèle économique des éditeurs, au risque de réduire à terme l'attractivité de l'offre TNT. Dans ce contexte, les éditeurs proposent d'optimiser le réseau de diffusion, qui couvre actuellement plus de 97 % de la population, au-delà du seuil légal de 95 %, afin d'améliorer la viabilité et d'assurer la pérennité de la diffusion hertzienne terrestre. Parmi les 1 626 sites de diffusion utilisés, certains ne desserviraient aujourd hui plus que quelques dizaines ou centaines de téléspectateurs. À la demande des éditeurs publics et privés, l'Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) a donc autorisé une expérimentation visant à arrêter trois sites de faible couverture, qui sera menée le 24 novembre 2026. À cette fin, le Gouvernement avait préalablement procédé à la restitution à l'Arcom des fréquences de France Télévisions et d'Arte concernées, comme le prévoit la loi. L'expérimentation permettra d'évaluer le nombre de foyers réellement touchés et les mesures d'accompagnement nécessaires. Les élus et téléspectateurs seront informés préalablement et la majorité des foyers devrait être réorientée vers un autre émetteur TNT. Les foyers restants se verront proposer une solution de réception alternative, notamment par satellite. Les éditeurs prendront en charge la communication et le coût de rééquipement, afin de garantir la continuité d'un accès gratuit à l'offre de TNT pour l'ensemble de la population, comme le prévoit la loi. Enfin, l'Arcom conserve, conformément à la loi, la compétence pour fixer une couverture hertzienne numérique minimale dans chaque département et restera garante de l'égalité des territoires devant l'accès à l'offre TNT. L'accès universel et gratuit, pour l'ensemble de nos concitoyens, à une offre télévisuelle riche et de qualité demeure un enjeu essentiel. Cela suppose de garantir une TNT forte, pilier de la souveraineté audiovisuelle de la France, grâce à un réseau solidement implanté, mais également d'assurer la soutenabilité et la viabilité du modèle économique des éditeurs et, ce faisant, la pérennité de l'offre en TNT.