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🧭Gouvernement Lecornu II



















🤔Retraites des fonctionnaires : la dette cachée de 1 573 milliards d'euros
11 août 2026 •
Emmanuel Taché
• retraites : fonctionnaires civils et militaires
M. Emmanuel Taché interroge M. le ministre de l'action et des comptes publics sur le traitement comptable et l'information du Parlement relatifs aux engagements de retraite de l'État au titre des pensions de ses fonctionnaires civils et militaires. Selon les documents annexés au projet de loi de finances, la valeur actualisée de ces engagements s'élevait, au 31 décembre 2024, à 1 573 milliards d'euros, soit plus de la moitié du produit intérieur brut. Ces engagements, recensés parmi les engagements hors bilan dans le compte général de l'État, ne figurent pas dans la dette publique au sens des critères européens et demeurent, de ce fait, largement absents du débat public et des indicateurs usuels de finances publiques. Leur montant, au demeurant très sensible aux hypothèses de taux d'actualisation retenues, progresse chaque année à mesure que de nouveaux droits sont constitués, sans qu'aucune épargne correspondante ne soit constituée : à la différence des régimes du secteur privé et des pratiques observées dans plusieurs pays comparables, par exemple aux États-Unis d'Amérique, au Canada ou en Suède, qui ont constitué des fonds de réserve destinés à lisser la charge future, le paiement des pensions des fonctionnaires de l'État s'effectue exclusivement au fil de l'eau, par l'impôt et par l'endettement. Si la publication de ces informations en annexe des comptes de l'État, certifiés par la Cour des comptes, satisfait à une exigence comptable, elle ne saurait tenir lieu de véritable transparence démocratique. Un engagement de cette ampleur, reporté sur les générations futures de contribuables, mérite d'être porté à la connaissance de la représentation nationale et des concitoyens dans des conditions permettant d'en apprécier pleinement la portée, notamment au regard des risques qu'une remontée durable des taux d'intérêt ou une tension budgétaire prolongée feraient peser sur la soutenabilité de ce passif. Plusieurs institutions, au premier rang desquelles la Cour des comptes, plaident de longue date pour une meilleure lisibilité de ces engagements et pour leur prise en compte dans l'appréciation de la trajectoire des finances publiques. En conséquence, il lui demande de bien vouloir préciser, premièrement, si le Gouvernement entend renforcer l'information du Parlement sur ces engagements, notamment par la présentation, à l'occasion de l'examen du projet de loi de finances, d'un indicateur consolidé retraçant leur évolution annuelle, les hypothèses d'actualisation retenues et leur sensibilité auxdites hypothèses ; deuxièmement, si une évaluation a été conduite quant à l'opportunité d'intégrer ces engagements, à titre d'information, dans la présentation officielle de la situation patrimoniale et de l'endettement de la France ; troisièmement, si le Gouvernement envisage d'étudier, à l'instar des exemples étrangers précités et dans le prolongement du précédent que constitue le régime additionnel de la fonction publique fonctionnant par capitalisation, les voies d'un provisionnement, même partiel, de ces engagements, afin d'en atténuer la charge pour les générations futures.
↕️Tri
💡 • 27 oct. 2026 •
David Amiel
, Ministère de l'action et des comptes publics • 📌Épinglé
Les engagements de retraite de l'État au titre des fonctionnaires civils et militaires font l'objet d'une information annuelle et publique. Ils sont évalués dans le compte général de l'État (CGE), annexé au projet de loi relatif aux résultats de la gestion et portant approbation des comptes, où ils figurent parmi les engagements hors bilan conformément au recueil des normes comptables de l'État. Leur calcul, conduit selon la méthode des unités de crédit projetées, fait l'objet d'un contrôle, tant sur les hypothèses retenues que sur les résultats obtenus, dans le cadre de la certification des comptes de l'État par la Cour des comptes. Le rapport sur les pensions de retraite de la fonction publique, annexé au projet de loi de finances, complète cette information en présentant leur évolution, les hypothèses retenues et leur sensibilité à ces hypothèses. Les engagements s'établissent à 1 366 Md€ au 31 décembre 2025, contre 1 573 Md€ un an plus tôt. Ce montant correspond à la valeur actualisée des prestations futures au titre des droits acquis à la date de clôture et ne constitue pas une dette financière exigible à cette même date. La diminution de 207 Md€ résulte de la hausse du taux d'actualisation, passé de 1,38 % à 2,21 % en cohérence avec l'évolution du rendement réel de l'obligation de référence. Cette évolution de la valeur des engagements n'affecte pas les droits à pension des agents. Une hausse du taux d'actualisation conduit mécaniquement à réduire la valeur actualisée de ces engagements. Le Parlement dispose ainsi, à l'occasion de l'examen de chaque loi de finances, d'une information actualisée sur le montant et l'évolution de ces engagements ainsi que sur leur sensibilité aux hypothèses retenues. S'agissant de leur place dans la présentation de l'endettement public, la dette au sens des traités européens est définie par le règlement (UE) n° 549/2013 relatif au système européen des comptes (SEC 2010) et couvre trois catégories de passifs financiers : numéraires et dépôts, titres de créances et crédits. Les engagements de retraite n'entrent dans aucune de ces catégories. Cette définition s'applique uniformément à l'ensemble des États membres et garantit la comparabilité des données entre eux. Une information complémentaire est par ailleurs publiée au niveau européen au moyen du tableau annexe dit « tableau 29 » prévu par le même règlement, que les États membres transmettent à Eurostat et qui retrace les engagements de l'ensemble des régimes de retraite en isolant ceux de la fonction publique d'État. S'agissant enfin de l'opportunité d'un provisionnement, même partiel, de ces engagements, le Gouvernement observe que les exemples étrangers cités se sont construits dans des contextes institutionnels et budgétaires sensiblement différents de la situation française. La constitution de réserves supposerait l'identification préalable de ressources dédiées et la définition précise des objectifs assignés au dispositif. Dans le contexte actuel des finances publiques, marqué par la nécessité de réduire le déficit et de maîtriser l'endettement public, la constitution de réserves dédiées au financement des engagements de retraite ne constitue pas une priorité. Un tel provisionnement n'est donc pas envisagé.
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