Le Gouvernement est pleinement conscient de l'enjeu de la desserte des destinations ultramarines et des problématiques de prix des billets d'avion associées, et attache une attention constante à limiter autant que possible leurs hausses. À ce titre, il convient de relever qu'en moyenne entre 2005 et 2025, les redevances aéroportuaires par passager des plateformes parisiennes n'ont augmenté que de 1,4 % par an sur le faisceau ultramarin soit une valeur du niveau d'inflation moyen, et sous le niveau moyen d'augmentation des redevances applicables aux autres faisceaux géographiques dont l'évolution varie entre +2,7 % par an et +4,7 % par an selon les faisceaux, pour la même période. Par ailleurs, la grille tarifaire actuelle d'Aéroports de Paris (ADP) prévoit que les passagers ultramarins paient une redevance par passager 1,1 fois plus élevée que les passagers métropolitains, tandis que les passagers internationaux paient une redevance 2,5 fois plus élevée que les passagers métropolitains, alors même que les coûts générés par un passager ultramarin sont relativement proches de ceux générés par un passager international (vols long-courriers, traitement des bagages, etc.). À titre d'ordre de grandeur, l'application stricte du principe général de facturation en proportion des coûts conduirait à appliquer un ratio de 1,6 à 2,2 entre passagers ultramarins et métropolitains et 2 à 2,2 entre passagers internationaux et métropolitains. Toutefois, dans le cadre de ses avis et décisions, l'Autorité de régulation des transports (ART) a enjoint ADP à resserrer les écarts tarifaires pratiqués entre le faisceau international et les autres faisceaux. Indépendamment des enjeux sociaux et de continuité territoriale que vous soulevez et que le Gouvernement partage pleinement, l'Autorité estime qu'il existe un défaut de proportionnalité entre les tarifs appliqués aux passagers internationaux et les tarifs appliqués aux autres passagers. Aussi, dans le cadre du projet de contrat de régulation économique (CRE) 2027-2034, ADP s'est vu contraint de prévoir un resserrement progressif des tarifs pratiqués entre faisceaux, conduisant mécaniquement à diminuer la charge sur les passagers internationaux et à l'augmenter sur les autres passagers. Cependant, afin de limiter au maximum l'impact pour les passagers ultramarins, le projet de CRE négocié entre le Gouvernement et ADP prévoit d'aligner les tarifs ultramarins sur les tarifs métropolitains et d'appliquer aux passagers internationaux un tarif 2,2 fois plus élevé, soit le maximum justifiable au regard des contraintes imposées par le régulateur. De plus, les négociations entre l'État et ADP ont permis de limiter la hausse tarifaire initialement envisagée par ADP dans son avant-projet de contrat publié en décembre 2025, avec une hausse moyenne globale des redevances, tous faisceaux confondus, ramenée de IPC (indice des prix à la consommation) +2,6% à IPC +2,1%. In fine, l'équilibre négocié dans le projet de CRE permet une hausse des tarifs sur le faisceau ultramarin inférieure à l'inflation sur la période 2025-2027. Les tarifs de la redevance passagers pour les passagers ultramarins seront ensuite alignés avec les tarifs passagers les plus faibles, soit les tarifs métropolitains.