Les attaques par le loup ont un impact sur l'activité des éleveurs, en termes économiques, mais aussi psychologiques et impliquent une adaptation subie de leur pratique. Si la population lupine semble se stabiliser selon les dernières estimations de l'office français de la biodiversité (OFB), établie à un effectif moyen de 1 082 individus pour l'hiver 2024-2025, elle a toutefois connu, durant ces dernières années, une augmentation ainsi qu'une expansion géographique. En conséquence, on constate un nombre élevé de dommages aux troupeaux, (plus de 10 000 animaux prédatés chaque année), en hausse sur les fronts de la colonisation où les éleveurs sont moins protégés. Dans ce contexte, le Gouvernement mène une action continue pour assurer le renforcement de la protection des éleveurs. À la suite du reclassement du statut du loup au titre de de la convention de Berne en 2024 puis au titre de la directive habitats faune flore en 2025, le Gouvernement a revu en février 2026 les règles de gestion du loup pour tirer les conséquences de ce déclassement. Par la suite, la loi n° 2026-796 du 18 août 2026 d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles est venue renforcer la défense des élevages contre le loup. Elle a consacré le fait que les modalités de gestion du loup peuvent évoluer en fonction de l'intensité de la prédation tout en maintenant l'espèce dans un bon état de conservation. Cette année la cinétique des tirs a été plus importante que les années précédentes atteignant déjà le seuil de 19 %. Le plafond de tir a été réhaussé au printemps à 21 %. Lorsque ce plafond de tir sera atteint, Il sera encore possible de déclencher 2 % supplémentaires mais devront aussi être mis en œuvre des mesures de restrictions des tirs pour assurer que la protection des éleveurs soit possible jusqu'à la fin de l'année. Le préfet coordonnateur du plan national d'actions pourra, le cas échéant, suspendre temporairement ou jusqu'à la fin de l'année les déclarations et autorisations de tir, sur les territoires qu'il détermine, comme le prévoit le décret n° 2026-815 du 24 août 2026 relatif à certaines attributions du préfet coordonnateur du plan national d'actions sur le loup. Une fois les plafonds dépassés, aucun tir ne sera possible. Par ailleurs, la loi est venue sécuriser le dispositif de tir pour tirer toutes les conséquences du reclassement du statut du loup. Ainsi, le régime de tir de défense doit permettre aux éleveurs de bénéficier d'un tir après simple déclaration auprès de l'administration, même en l'absence de mesure de protection préalable du troupeau. De plus, l'envoi de la louveterie pourra intervenir auprès d'élevages non protégés en cas de dommages exceptionnels. Il s'agit ainsi de donner aux éleveurs toutes les possibilités de défense de leur troupeau. Des arrêtés ministériels viendront prochainement compléter ce dispositif. Il convient enfin de rappeler que, pour assurer une protection efficace des troupeaux, il est important d'encourager les éleveurs à adopter des mesures de protection susceptibles de diminuer la prédation du loup (parcs électrifiés, chiens de protection, berger). Le budget consacré à la protection des troupeaux est en augmentation depuis plusieurs années. En 2025, 42,8 millions d'euros de crédits du fonds européen agricole pour le développement rural et de l'État étaient alloués à ce dispositif. L'objectif de toutes ces dispositions est de concilier une plus grande sécurisation des troupeaux et un respect du bon état de conservation du loup.