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🧭Gouvernement Lecornu II



















🤔Protection de la production de la figue de Solliès
15 sept. 2026 •
Laure Lavalette
• agriculture
Mme Laure Lavalette alerte Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur l'exclusion de la filière figue du dispositif de dérogation temporaire applicable à l'acétamipride. La loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles a institué un mécanisme particulièrement encadré, permettant, sous réserve notamment de l'avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES), de déroger temporairement à l'interdiction de certaines substances phytopharmaceutiques en cas de menace grave compromettant une production, d'absence ou d'insuffisance de solutions alternatives et d'existence d'un programme de recherche dédié. Toutefois, s'agissant de l'acétamipride, ce régime demeure à ce jour limité à la seule filière noisette. Cette limitation suscite, dans la circonscription de Mme la députée, une inquiétude majeure au sein de la filière de la figue de Solliès, production d'excellence emblématique du Var et support d'une activité agricole, économique et territoriale essentielle, labellisée AOP depuis 2011. En effet, les producteurs font face à l'émergence et à la recrudescence de plusieurs ravageurs, notamment la mouche, la cochenille et le charançon ; or l'acétamipride a longtemps disposé d'usages homologués sur figuier et constituait un moyen de protection efficace, employé de manière ciblée et dans le cadre d'une agriculture raisonnée. Malgré les démarches engagées auprès du ministère, la filière figue n'a pas été intégrée aux usages susceptibles de relever de ce dispositif dérogatoire. Les producteurs redoutent ainsi une fragilisation durable de leurs exploitations, alors même que l'importation de productions étrangères susceptibles d'avoir été traitées avec des substances interdites en France demeure possible, créant une distorsion de concurrence préjudiciable aux agriculteurs français. Le maintien de la compétitivité, de la qualité et de la pérennité de cette filière labellisée, collective et fortement ancrée dans le territoire varois exige que soient examinées les difficultés phytosanitaires particulières auxquelles elle est confrontée. Aussi, elle lui demande si le Gouvernement entend saisir l'ANSES afin d'évaluer les conditions d'une extension à titre dérogatoire et temporaire de l'usage de l'acétamipride à la filière figue. Elle lui demande également quelles mesures concrètes le Gouvernement prévoit de mettre en œuvre pour accompagner les producteurs de figues dans la lutte contre ces ravageurs et assurer l'avenir de cette production emblématique du Var.
↕️Tri
Le Gouvernement mesure pleinement les difficultés rencontrées par les producteurs de figues de Solliès et demeure à cet égard particulièrement attentif aux situations dans lesquelles l'absence de solutions phytosanitaires adaptées est susceptible de fragiliser une filière agricole. L'article 6 de la loi n° 2026-796 du 18 août 2026 d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles (UPSA), qui a introduit les II ter à II quinquies de l'article L. 253-8 du code rural et de la pêche maritime, définit précisément les filières et les conditions dans lesquelles l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) peut être saisie par le ministre chargé de l'agriculture. Plus précisément, ce dispositif concerne les productions de betteraves sucrières, de noisettes, de pommes et de cerises. Au regard notamment des travaux conduits par l'institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE) et du rapport qui a été remis en octobre 2025 au Gouvernement, le législateur a ainsi entendu circonscrire le bénéfice de ce mécanisme à ces seules filières. La production de figues n'ayant pas été mentionnée par le législateur dans ces dispositions, le Gouvernement ne dispose donc d'aucun fondement juridique lui permettant de saisir l'Anses afin d'étendre à cette filière le mécanisme dérogatoire prévu par la loi. Par ailleurs, l'inclusion de cette filière dans le dispositif aurait nécessité une modification de la loi. Un amendement en ce sens aurait donc pu être utilement présenté par un parlementaire au cours de son examen afin de concrétiser cette demande de la filière. La loi étant désormais adoptée dans les termes précités, seule une nouvelle intervention du législateur permettrait d'en modifier le champ d'application. Cette situation ne remet toutefois pas en cause l'attention portée par le Gouvernement à la filière de la figue de Solliès. À cet égard, afin de lutter contre les mouches des figues, la filière dispose d'une autorisation de mise sur le marché en France pour la deltaméthrine, homologuée avec trois applications par an. Elle est employée en association avec un système de piégeage massif, qui est un produit de biocontrôle. Cette association de leviers permet généralement de limiter les pertes. Par ailleurs, des solutions alternatives se mettent en place, et le syndicat de l'appellation d'origine protégée « figue de Solliès » contribue régulièrement à des essais en lien avec des entreprises en biocontrôle. Enfin, la poursuite des travaux en recherche et développement ayant trait aux solutions de biocontrôle et de lutte biologique, bien adaptées à une production arboricole en petites parcelles, doit se poursuivre et se renforcer, en bénéficiant des synergies possibles avec des filières proches. Le Gouvernement soutient de tels travaux dans le cadre du plan d'action stratégique pour l'anticipation du potentiel retrait européen des substances actives : près de 190 millions d'euros ont ainsi été engagés depuis 2024.
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