Une évolution majeure dans la réglementation relative aux émissions liées aux pneumatiques au niveau européen est prévue. En effet, la norme Euro 7 (règlement UE n° 2024/1257) introduit une obligation de limitation de l'abrasion des pneumatiques selon un calendrier dédié aux manufacturiers de pneumatiques (à partir de 2028 pour les nouvelles homologations des véhicules légers, de 2030 pour celles des utilitaires, et de 2032 pour les poids lourds). Par ailleurs, afin de permettre aux consommateurs d'orienter leurs choix vers des pneus moins émetteurs, un marquage "abrasion" est en cours de discussion afin de faciliter l'identification des pneus homologués en tenant compte de l'abrasion : ce point est discuté actuellement dans le groupe "Eco Design Tyre" piloté par la Commission européenne, auquel les autorités françaises participent. De plus, les substances chimiques utilisées comme additifs dans les pneumatiques sont enregistrées conformément à la réglementation européenne (règlement REACH). Bien qu'aucune restriction ou interdiction ne s'applique à ce jour au titre de cette réglementation, des travaux d'évaluation des dangers et des risques ont été menés sur les principales substances retrouvées dans le lac d'Annecy. Ces travaux ont conduit aux actions suivantes. La France, au travers de l'Anses, a porté les travaux d'identification des dangers de la diphénylguanidine (DPG), notamment son caractère toxique pour la reproduction. Début 2027, elle déposera un dossier d'identification de la DPG comme substance extrêmement préoccupante au titre de REACH. Ce statut déclenche des obligations de traçabilité de la substance dans les articles (dont les pneus), et envoie un signal fort aux fabricants en faveur de la substitution. Les Pays-Bas et l'Autriche vont proposer début 2027 une restriction (interdiction) de l'usage des substances de la famille des diarylamines aminosubstituées (dont la 6PPD et la 6PPD-Q, pointées par l'enquête, font partie) dans les pneumatiques. Dans le cadre du règlement éco-conception, une étude a été lancée en mars par la Commission européenne sur la fin de vie des pneus, la question de l'abrasion et des émissions de microplastiques associées et la présence de substances préoccupantes dans les pneus. Les autorités françaises ont contribué à ces travaux en mettant en avant les problématiques associées à la DPG et au groupe des PPDs afin qu'il en soit tenu compte dans l'élaboration des critères d'écoconception pour les pneus.