🤔Situation de l'usine Selmer à Mantes-la-VilleM. Benjamin Lucas-Lundy attire l'attention de M. le ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique, chargé de l'industrie, sur la situation de la manufacture Henri Selmer Paris à Mantes-la-Ville, dont la direction a annoncé, le 6 octobre 2026, un plan de sauvegarde de l'emploi prévoyant la suppression d'une soixantaine de postes sur un effectif local de 394 salariés. Labellisée Entreprise du patrimoine vivant et membre du Comité Colbert, la maison Selmer est l'un des fleurons de la facture instrumentale française et le
leader mondial du saxophone. Présente dans une soixantaine de pays, elle réalise près de 90 % de ses ventes à l'export. Ses saxophones, clarinettes, becs et anches doivent leur réputation à une longue tradition d'innovation et à un savoir-faire transmis de génération en génération d'artisans et d'ouvriers qualifiés. Les qualités acoustiques, esthétiques et ergonomiques des produits Selmer ont convaincu les plus grands musiciens comme Sonny Rollins, Stan Getz, Dexter Gordon, John Coltrane, Steve Coleman, Django Reinhardt, Louis Amstrong ou encore Manu Di Bango. Plus récemment, c'est le spationaute Thomas Pesquet qui a joué quelques notes dans l'espace, au moyen d'un saxophone de la marque Selmer. Après plusieurs périodes d'activité partielle, la direction justifie ce plan par une double pression : une concurrence asiatique qui tire les prix vers le bas et le relèvement à 15 % des droits de douane américains en 2025, qui a fait chuter les commandes sur un marché représentant 14 % du chiffre d'affaires de l'entreprise. Les représentants du personnel font état d'un recul de près de 40 % des ventes outre-Atlantique, tandis que la vigueur de l'euro pèse encore sur la compétitivité de l'entreprise. Les représentants des salariés avaient déjà tiré la sonnette d'alarme concernant la santé de l'entreprise en mai 2025 aux services de l'État ; leurs sollicitations sont restées sans réponse. Ce plan frappe de plein fouet un bassin d'emploi déjà durement éprouvé par des plans de licenciements massifs à l'instar de Safran, Valeo, Dunlopillo ou encore Renault. Il lui demande, en premier lieu, si l'État entend mobiliser sans délai le commissaire aux restructurations et à la prévention des difficultés des entreprises afin d'examiner, avec la direction et l'actionnaire de Selmer, toutes les alternatives aux licenciements : recours à l'activité partielle de longue durée rebond (APLD-R), plan d'investissement dans l'outil industriel avec l'appui de Bpifrance et, le cas échéant, étalement des dettes sociales et fiscales. Il souhaite savoir, en second lieu, quelles garanties le Gouvernement compte obtenir, en lien avec la préfecture et les collectivités, quant au maintien de la vocation industrielle du site de Mantes-la-Ville, à la préservation des savoir-faire et à un accompagnement des salariés concernés allant au-delà des seules obligations légales. Il l'interroge enfin sur les actions que le Gouvernement entend porter auprès de la Commission européenne pour que les instruments de musique figurent parmi les produits exonérés ou bénéficiant de droits réduits dans les discussions commerciales entre l'Union européenne et les États-Unis d'Amérique, ainsi que sur les mesures nationales envisagées, notamment en matière d'accompagnement à l'export et de soutien aux entreprises du patrimoine vivant, pour préserver l'ensemble de cette filière française d'exception.