🤔Situation inacceptable des établissements scolaires en Seine-Saint-DenisMme Nadège Abomangoli alerte M. le ministre de l'éducation nationale sur la situation des établissements scolaires de sa circonscription, à Aulnay-sous-Bois, Bondy et aux Pavillons-sous-Bois et plus largement de la Seine-Saint-Denis, à l'occasion de la rentrée 2026. Depuis septembre 2026, Mme la députée a dû saisir à plusieurs reprises les services académiques. Au groupe scolaire Vercingétorix à Aulnay-sous-Bois, trois des cinq accompagnants d'élèves en situation de handicap (AESH) ont quitté leur poste et l'établissement ne dispose plus que de 66 heures d'accompagnement pour dix-sept élèves concernés, dont trois sont déscolarisés depuis la rentrée, parmi lesquels une enfant en fauteuil roulant. Les services académiques ont invoqué un ajustement aux prises en charge extérieures, alors que l'écart résulte de la seule pénurie de personnels et la seule mesure prise a consisté à retirer une AESH au collège Simone Veil de la même ville, au détriment d'élèves qui disposent eux aussi d'une notification de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Au collège Victor Hugo à Aulnay-sous-Bois, trois classes sont privées de français depuis la rentrée et l'établissement attend toujours des enseignants de technologie, de lettres classiques et d'italien. Au collège Gérard Philipe de la même ville, il n'y a ni professeur de français et de latin, ni d'arts plastiques, ni de technologie et les parents d'élèves qui ont écrit au recteur le 15 septembre 2026 n'ont reçu aucune réponse. Une élève de sixième notifiée par la MDPH s'y voit refuser une AESH, la direction déclarant « prioriser les AESH aux 4e et 3e à cause du brevet, face au manque d'AESH ». Au collège Le Parc à Aulnay-sous-Bois, un élève en situation de handicap moteur lourd s'est trouvé de fait déscolarisé pendant plusieurs mois en raison d'un ascenseur en panne, sans qu'aucun enseignement à distance lui soit proposé. À l'école Jean Rostand à Bondy, faute de remplacement durable de leur enseignante, les dix-huit élèves de CM1 B n'ont eu que neuf jours et demi de classe en six semaines, avec cinq enseignants différents et leurs familles ont été renvoyées vers la circonscription, qui n'a aucune compétence en matière d'affectation. Au collège Anatole France aux Pavillons-sous-Bois, les sanitaires sont hors d'usage depuis plusieurs mois, au point que des élèves se retiennent pendant des heures et que des familles ont retiré leurs enfants de la cantine. Une telle situation est absolument inacceptable. L'absence prolongée d'enseignement dans des matières inscrites aux programmes nationaux constitue une rupture grave de la continuité du service public de l'éducation et porte atteinte au principe d'égalité des usagers devant le service public. Le défaut d'accompagnement et d'accessibilité prive en outre des enfants en situation de handicap du droit à une scolarisation effective que leur reconnaît la loi du 11 février 2005. Ces faits ne constituent pas des cas isolés et cette liste est loin d'être exhaustive. Le non-remplacement des enseignants absents et le manque d'AESH, de personnels de vie scolaire et médico-sociaux sont devenus des phénomènes structurels en Seine-Saint-Denis, la représentation nationale établissant dès 2018 qu'un élève du département perd au cours de sa scolarité l'équivalent d'environ une année d'enseignement du fait des heures non remplacées. La précarité du statut des AESH, recrutés sur des contrats à temps partiel et faiblement rémunérés, entretient une pénurie que les campagnes de recrutement successives ne parviennent pas à résorber et la baisse annoncée des heures attribuées aux établissements sensibles aggravera encore la situation. Rentrée après rentrée, ce sont les élèves et les familles des quartiers et des villes populaires qui en supportent les conséquences. Elle lui demande donc quelles mesures il entend prendre pour que chaque classe des établissements cités dispose sans délai d'un enseignant dans chacune des disciplines prévues et pour que des AESH y soient affectés en nombre suffisant pour couvrir l'intégralité des heures notifiées, sans redéploiement au détriment d'autres élèves. Elle souhaite connaître, pour la Seine-Saint-Denis, le nombre d'heures d'accompagnement notifiées et le nombre d'heures effectivement assurées. Elle lui demande également si le Gouvernement entend mettre en œuvre un plan d'urgence pour l'éducation en Seine-Saint-Denis, comprenant le recrutement de personnels titulaires en nombre suffisant pour assurer les remplacements, la création d'un corps de fonctionnaires pour les AESH, le maintien des moyens dédiés aux établissements sensibles et un soutien de l'État aux travaux d'accessibilité et de rénovation du bâti scolaire.