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🧭Gouvernement Lecornu II



















🤔Modalités d'affectation des étudiants en médecine ultramarins
3 nov. 2026 •
Frédéric Maillot
• outre-mer
M. Frédéric Maillot attire l'attention de Mme la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées sur les conséquences des modalités nationales d'affectation en troisième cycle des études de médecine pour les étudiants formés à La Réunion et souhaitant y poursuivre leur internat. En application des règles nationales d'affectation, les étudiants ayant validé les épreuves dématérialisées nationales (EDN) et les examens cliniques objectifs structurés (ECOS) choisissent leur spécialité et leur lieu de formation en fonction de leur classement, de leurs vœux et des postes ouverts dans chaque subdivision. Si ce dispositif garantit un cadre national commun, il ne tient pas nécessairement compte des contraintes géographiques, familiales et économiques particulières auxquelles sont confrontés les étudiants ultramarins. Ainsi, un étudiant formé à La Réunion qui souhaite y poursuivre son internat peut être contraint de rejoindre l'Hexagone lorsque son classement ne lui permet pas d'obtenir un poste dans la spécialité souhaitée sur son territoire, alors même que des postes peuvent y être ouverts. L'éloignement géographique du territoire entraîne des conséquences importantes sur les conditions de vie des étudiants, le maintien des liens familiaux et le coût des déplacements, particulièrement pour les familles aux ressources modestes. Cette situation soulève également un enjeu majeur pour l'avenir de l'offre de soins réunionnaise. L'ouverture du deuxième cycle des études de médecine à La Réunion en 2023 constitue un investissement important en faveur de la formation médicale locale. Toutefois, le départ d'étudiants formés sur l'île, faute de pouvoir y accéder à la spécialité souhaitée, peut accroître le risque qu'ils construisent leur parcours professionnel en Hexagone et ne reviennent pas exercer sur le territoire. À l'inverse, l'accueil d'internes issus de facultés hexagonales contribue à l'offre de soins locale, sans toutefois garantir leur installation durable à La Réunion. Dans ce contexte, il apparaît nécessaire de disposer d'une évaluation précise des affectations et des mouvements d'internes au sein de la subdivision de l'océan Indien, en distinguant La Réunion et Mayotte. Ce bilan devrait notamment porter sur les étudiants formés localement ayant participé à la procédure d'affectation en 2026, le nombre de ceux ayant obtenu un poste à La Réunion dans la spécialité souhaitée, ainsi que le nombre de ceux ayant quitté le territoire faute d'avoir obtenu une affectation correspondant à leurs vœux. Il conviendrait également de recenser les internes issus de facultés métropolitaines accueillis pour cette rentrée, notamment en médecine générale et de préciser, par spécialité et par territoire, le nombre de postes ouverts, pourvus et demeurés vacants. Par ailleurs, une analyse de l'attractivité des postes proposés à La Réunion auprès des candidats à l'échelle nationale permettrait de mieux comprendre les difficultés éventuelles de recrutement et d'évaluer l'adéquation entre les capacités de formation, les postes ouverts et les besoins sanitaires du territoire. À cet égard, l'article 73 de la Constitution permet, dans les conditions qu'il prévoit, l'adaptation des lois et règlements aux caractéristiques et contraintes particulières des départements et régions d'outre-mer. Sans préjuger de la faisabilité juridique ni des modalités d'un tel dispositif, la situation particulière de La Réunion justifie d'étudier des mesures proportionnées, transparentes et compatibles avec les exigences de qualité de la formation médicale. Celles-ci pourraient notamment prendre la forme d'une priorité territoriale encadrée ou d'un contingent de postes accessible aux étudiants formés localement, reposant sur des critères objectifs et tenant compte des besoins de santé ainsi que des capacités d'encadrement. En conséquence, il lui demande si le Gouvernement entend solliciter, auprès de la faculté de santé de l'université de La Réunion, du centre hospitalier universitaire de La Réunion, de l'agence régionale de santé et du Centre national de gestion, un bilan détaillé des affectations de 2026, notamment pour les étudiants issus du deuxième cycle ouvert localement en 2023 et rendre compte des résultats de cette évaluation. Il souhaite également savoir si le Gouvernement envisage d'engager, en concertation avec les acteurs concernés, une étude sur les adaptations possibles des modalités nationales d'affectation en internat afin de mieux prendre en compte les contraintes propres aux territoires ultramarins, de favoriser la fidélisation des étudiants formés localement et de contribuer durablement à la réponse aux besoins de santé de la population réunionnaise.
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