🤔Protection par la France de Jülide YaziciM. Thomas Portes attire l'attention de M. le ministre de l'Europe et des affaires étrangères sur la situation de Jülide Yazici. Jülide Yazici est une militante communiste turque persécutée pour ses engagements politiques par le régime d'Erdogan. Elle est réfugiée depuis 10 ans en France, où elle a obtenu en 2021 le statut de réfugiée politique. Professeure de philosophie au lycée Blaise Pascal de Segré (Pays de la Loire), elle est de longue date engagée dans les luttes sociales et écologiques et affiliée au parti pro-kurde DEM. Elle contribue régulièrement à la revue marxiste
Théorie et Politique et a participé aux manifestations du parc de Gezi à Istanbul en 2013 contre un projet immobilier - qui ont fait au moins 8 morts du fait de la violente évacuation opérée par les forces de police turques. Le 4 août 2026, Jülide Yazici a été arrêtée à l'aéroport de Tirana - à son arrivée en Albanie où elle venait retrouver sa famille pour des vacances - puis placée en détention dans les geôles albanaises. Cette arrestation fait suite à une demande des autorités turques, visant à obtenir son extradition vers Ankara. Depuis cette date, la militante est détenue en Albanie et est exposée au danger d'être remise à la Turquie, où elle risque torture et persécution. Le 21 octobre 2026, la justice albanaise a rendu une décision favorable à l'extradition, malgré la situation politique dans la Turquie d'Erdogan connue pour ses multiples exactions à l'encontre des oppositions politiques et des minorités ethniques ou religieuses, notamment kurdes. Le cas du maire de gauche d'Istanbul Ekrem Imamoglu, arrêté en mars 2025, en est un illustre exemple : poursuivi aux côtés de plus de 400 agents municipaux, il fait face à 142 chefs d'inculpation et risque plus de 2 000 ans de prison. L'ONG Amnesty international a fermement dénoncé un dossier judiciaire « truffé de graves irrégularités », pointant du doigt l'utilisation massive de témoignages impossibles à authentifier et de techniques abusives pour rendre les droits de la défense difficiles à exercer. Des dizaines de maires, notamment pro-kurdes, ont été démis de leurs fonctions et remplacés par des administrateurs nommés par le gouvernement. Le pouvoir turc a initié à plusieurs reprises des procédures devant la Cour constitutionnelle pour interdire purement et simplement les partis pro-kurdes. À l'approche de scrutins électoraux ou de fêtes traditionnelles comme le
Newroz (le nouvel an kurde), les forces de sécurité turques procèdent régulièrement à des vagues d'arrestations massives de cadres politiques, avocats, journalistes, médias et militants associatifs. Alors que la défense de Jülide Yazici poursuit les voies de recours judiciaires en Albanie pour obtenir le refus de son extradition, il l'interroge sur la protection diplomatique que la France compte accorder à cette militante. Il l'interpelle sur la nécessité pour la France d'enjoindre l'Albanie à respecter le principe de non-refoulement ancré dans la Convention de Genève de 1951 qui consacre l'interdiction absolue de reconduite vers le danger de tout personne menacée dans son pays d'origine. La délivrance par la France et sa Cour nationale du droit d'asile du statut de réfugiée politique à cette militante consacre juridiquement la reconnaissance du danger encouru en Turquie et de la persécution politique dont elle est victime. Ainsi, il l'interroge sur les manières dont le réseau diplomatique français entend dialoguer avec les autorités albanaises pour empêcher sa remise aux autorités turques. M. le député rappelle par ailleurs que les accusations de la Turquie concernant Jülide Yazici reposent largement sur son appartenance aux HDP (Parti démocratique des peuples) et sa structure actuelle (le parti DEM), qui sont reconnus par les services du ministère de l'Europe et des affaires étrangères comme des partis politiques légaux et des forces démocratiques d'opposition turques. Ainsi le signalement d'Interpol en vertu duquel a eu lieu l'arrestation est infondé au sens des décisions diplomatiques françaises. À l'heure où l'Albanie souhaite opérer un rapprochement avec l'Union européenne, il appelle son attention sur la nécessité pour cet État de respecter les règles de la Cour européenne des droits de l'homme. Il alerte sur l'urgence à agir pour protéger les droits de cette militante d'opposition, en vertu de la responsabilité particulière de la France vis-à-vis d'une personne à laquelle elle a accordé l'asile. Il l'interpelle sur l'usage d'Interpol par l'État turc comme un instrument de répression et de traque de ses opposants, dans le cadre d'une stratégie plus large d'intimidation des forces politiques. Alors que des comités de soutien citoyens se constituent à Tours, Angers, Segré-en-Anjou-Bleu et Paris et tandis que le compagnon de Jülide Yazici, M. Durand, se mobilise depuis la France, il l'interroge sur la position officielle de la France sur ce sujet, celle-ci n'ayant à ce jour toujours pas été rendue publique. Enfin, il rappelle les précédents particulièrement inquiétants de militants turques d'opposition arrêtés en Albanie tel que Harun Celik, dont l'expulsion illégale a offusqué jusqu'au rapporteur du Conseil de l'Europe et aux responsables des droits de l'homme de l'ONU ou tel que Faruk Faith, livré aux autorités turques avant d'être retrouvé mort dans sa cellule en novembre 2025. Il alterte enfin sur l'importance pour ses proches que Jülide Yazici puisse rapidement être libérée puis rentrer en France, où sa vie est établie, où ses collègues, ses amis et son compagnon l'attendent. Il souhaite connaître ses intentions à ce sujet.