Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la mer et de la pêche . Vous êtes plusieurs parlementaires à m'avoir alertée sur les inquiétudes des pêcheurs, que j'ai rencontrés à plusieurs reprises, à l'approche de la négociation des totaux admissibles de captures, les TAC, et des quotas.
Je souhaite ici réaffirmer ma détermination à faire porter leur voix et celle de la France lors des négociations qui débuteront ce jeudi à Bruxelles.
Les attentes sont fortes. La pêche participe au développement de nos territoires, notamment dans le Finistère, et fait vivre les pêcheurs et toute une filière aval. Elle contribue aussi à notre souveraineté alimentaire, alors que nous importons 80 % des produits de la mer que nous consommons.
L'un des principaux enjeux de la négociation est la pêche au maquereau, dont le stock suit une trajectoire alarmante. Les scientifiques recommandent d'en baisser drastiquement le quota – de 70 %, c'est énorme !
Depuis des années, la France et l'Europe alertent sur l'état de ce stock, mais faute d'un accord sur la répartition des quotas entre les différents états côtiers, des pays non européens s'en octroient unilatéralement, ce qui mène à une surpêche inacceptable.
Résultat, la situation devient dramatique et les navires français en subiront bientôt les conséquences.
Pour répondre concrètement à votre question : la France déploie toute son énergie pour que la Commission européenne, qui négocie, se montre ferme et utilise les outils réglementaires à sa disposition. S'agissant du golfe de Gascogne et de la mer Méditerranée, j'ai conscience que les propositions de la Commission font courir un risque aux pêcheries.
Pour les deux jours de négociation qui nous attendent, les priorités sont clairement identifiées. Demain, je rencontrerai le commissaire européen et je resterai mobilisée pour nos pêcheurs pendant toute la durée de la négociation.
La situation actuelle de la pêche est aussi une conséquence du réchauffement climatique. Je m'emploierai également à travailler sur la restauration des écosystèmes.