Nicolas Turquois Le monde agricole traverse régulièrement des crises, mais celle que nous vivons est d'une ampleur exceptionnelle. Autant de filières touchées – des céréales à l'élevage, de la vigne à l'arboriculture –, autant de régions concernées – de l'Occitanie à la Bretagne, du Bordelais aux Alpes, sans oublier les outre-mer : je n'ai pas le souvenir d'une crise aussi large et profonde.
Je veux d'abord adresser un profond soutien à toutes les femmes et à tous les hommes qui font vivre l'agriculture de France. Ils souffrent. Par-delà nos opinions, nous devons être à leurs côtés.
C'est l'agriculteur qui vous parle : notre société demande trop à nos agriculteurs, sans les accompagner suffisamment. Notre agriculture souffre d'un profond manque de compétitivité : trop de normes à respecter, sans commune mesure avec la dimension individuelle de nos exploitations ; trop de tracasseries administratives pour construire un bâtiment ou accéder à l'eau, mais pas assez de recherche pour faire face au réchauffement climatique et à ses conséquences ; pas assez d'investissement pour produire sur notre sol les engrais azotés dont nous avons cruellement besoin. L'agriculture a besoin d'un accompagnement totalement renouvelé.
Face à ces difficultés, certaines récupérations politiques et complotistes me font honte. La dermatose nodulaire contagieuse est – il faut le dire et le répéter – un danger mortifère pour l'élevage français. Sans politique volontariste d'éradication et de vaccination, la France pourrait voir mourir plus de 1 million de bovins.
Il faut agir vite, mais aussi mesurer la détresse que représente un abattage pour un éleveur , ainsi que le risque réel que la peur n'incite à dissimuler la contamination des troupeaux, créant de facto des réservoirs pour de futures contaminations.
Compétitivité, souveraineté et surtout humanité devraient être les maîtres mots de notre action en faveur de notre agriculture et de nos agriculteurs. Que comptez-vous faire, madame la ministre ?