Sébastien Lecornu, premier ministre . …qu'il va nous falloir tout de même corriger dans les temps qui s'annoncent. Que la CMP n'ait malheureusement pas été conclusive, je m'y préparais, notamment après la séance des questions au gouvernement au Sénat la semaine dernière, qui ont montré une position on ne peut plus radicale. Mais que la CMP ait duré aussi peu de temps, ne permettant pas une sélection des sujets de fond qui aurait permis d'avancer ensuite, voilà ce que je trouve le plus dommageable.
Mais enfin, nous ne sommes pas en situation de crise, donc avançons et regardons vers l'avenir. Je vais proposer, suite aux différentes discussions et rendez-vous que j'ai eus hier, de faire à temps masqué à partir de maintenant, y compris entre Noël et le jour de l'an, puis dès le lendemain, ce qui n'a pas été possible de mener à bien pendant la commission mixte paritaire. Ainsi, lorsque débuteront les travaux en commission des finances, puis dans l'hémicycle, nous aurons identifié les quelques grands sujets sur lesquels il nous faut travailler.
Quand je parle de décalage horaire, il n'y a pas malice : il se trouve que le Sénat a discuté et voté sur les deux parties du PLF, ce qui n'est pas le cas de votre assemblée. Pour des raisons qu'il est inutile de rappeler, les dépenses de l'État, bien qu'examinées par la commission des finances, n'ont pas pu l'être dans cet hémicycle. Cela a créé un décalage absolument dommageable.
Ainsi, une thématique, et non des moindres, ressort des discussions d'hier, et elle vous intéresse, monsieur le président : celle des collectivités locales. Je vois bien qu'il y a divergence mais que si nous nous y prenons correctement, avec méthode et beaucoup d'engagement, nous pourrons très vite mettre lce sujet de côté – en tout cas, j'en forme le vœu.
Troisième point : je redis qu'il faut que le déficit soit de 5 % du PIB. Et je suis en mesure de confirmer une bonne nouvelle, sous le contrôle des ministres en charge : nous allons bien terminer cette année avec 5,4 % de déficit, conformément à l'engagement que le gouvernement avait pris au mois de septembre, mais qui n'était pas gagné d'avance. Le respect des 5,4 % permet de disposer d'un socle stable, fixe et solide pour engager un certain nombre de mesures pour l'année prochaine. Les 5 % de déficit prévu est un objectif qui me semble complètement tenable au moment où je vous parle, et il ne faut pas que nous le lâchions. C'est ce qui a pu aussi expliquer quelques mouvements d'humeur entre le ministre Lescure et le Sénat, sachant que 5,3 % de déficit n'était pas un niveau acceptable pour le gouvernement, je le redis de la manière la plus calme et la plus respectueuse qui soit.
Est-ce que nous voulons y arriver ? La réponse est oui. Est-ce que nous voulons y arriver avec un esprit de compromis semblable à celui qui a été le nôtre lors de l'examen du PLFSS ? La réponse est oui également. Voulons-nous y parvenir dans une approche la moins partisane possible ? La réponse est, là aussi, oui. Le bloc est peut-être central, mais il n'est pas monolithique – l'ensemble des morceaux qui composent cet hémicycle ne le sont pas non plus, si j'ai bien tout compris depuis trois mois.
Voilà qui devrait nous amener à cet objectif. Nous le devons, pour la France et pour les Français.