Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères . Vous avez raison de souligner que la priorité de la France est la sécurité de ses ressortissants, partout où ils se trouvent – y compris en mer, notamment en Méditerranée. L'événement que vous avez rappelé, lors duquel ce navire a essuyé des tirs en provenance d'une embarcation libyenne, constitue une très grave violation du droit international. Avec nos partenaires européens, nous avons vivement protesté auprès des autorités libyennes afin qu'elles comprennent que de tels agissements sont inacceptables et condamnables.
Le 1er décembre, nous avons reçu au Quai d'Orsay les équipes de l'Ocean Viking afin d'échanger avec elles. Depuis ces échanges, nous avons entrepris deux démarches supplémentaires. D'abord, exiger des autorités libyennes les résultats de l'enquête, ouverte à la suite de nos premières protestations. Ensuite, engager avec ces autorités un dialogue afin de les avertir de la reprise imminente des activités de l'Ocean Viking – jusqu'alors en réparation – et de leur rappeler la nécessité absolue d'assurer la sécurité des travailleurs humanitaires et des migrants. Des travailleurs humanitaires et des migrants, parce que nous sommes pleinement mobilisés pour que la Méditerranée qui, au gré des tensions géopolitiques qui ont émaillé la région, est devenue un cimetière, un lieu de transit et d'assistance, devienne complètement sécurisée.
Nous l'avions déjà fait en avril, lorsqu'à la suite des mesures répressives prises par les autorités libyennes à l'encontre d'ONG sur le territoire libyen, nous avions mobilisé nos partenaires européens pour faire entendre la voix des ONG. Je salue, avec vous, le courage et le caractère indispensable de leur action, alors même qu'elles subissent une double menace : contraintes budgétaires, qui entravent leur action, et contraintes politiques, parce qu'elles sont souvent pointées du doigt par des responsables politiques, en réalité irresponsables.