Marie Mesmeur Les vrais problèmes sont connus depuis des années : ce sont vos coupes budgétaires, la tarification à l'acte, l'aggravation des déserts médicaux et le management qui se limite à celui d'un gestionnaire. En dix ans, vous avez fermé 43 000 lits. Votre budget, dans lequel vous coupez plus de 3 milliards sur la santé, est directement responsable de l'asphyxie des hôpitaux publics. Ces derniers ne tiennent que grâce au courage et au dévouement absolu des personnels de santé, celles et ceux que vous appeliez en 2020 les travailleurs essentiels.
Or, aujourd'hui, les soignants sont épuisés. Infirmiers, médecins, aides-soignantes, brancardiers, manipulateurs radio, techniciennes ou encore agents d'accueil : tous tiennent sur les nerfs, par devoir, la boule au ventre parce qu'ils craignent de faire une erreur.
Au CHU de Rennes, comme partout en France, ils ont débrayé – c'est dire à quel point la situation est grave. Ils demandent des réouvertures de lits, de meilleures conditions de travail et la création de services d'urgences et de maternités de proximité.
Alors, madame la ministre de la santé, quand aurez-vous des remords ? Quand ferez-vous contribuer les cinquante-trois milliardaires ? Quand regarderez-vous en face les soignants et les morts des urgences ?