Maxime AmblardIl y a un an déjà, ici même, j'alertais sur le risque d'usure prématurée et l'augmentation des coûts qu'engendre l'excès de modulation de nos réacteurs nucléaires. La modulation vise à pallier la fâcheuse mais bien réelle intermittence de l'éolien et du photovoltaïque. Me revoilà, un an plus tard, en espérant quand même que cela ne devienne pas une tradition.
Malgré le temps passé, je suis presque tenté de me laisser aller à une forme d'indulgence. Même si, avec Marine Le Pen et Jordan Bardella, nous alertions depuis des années sur ces risques, il ne manquait en effet qu'une chose pour les étayer ou les réfuter : une étude. Alors, dans un rare éclair d'honnêteté intellectuelle, le gouvernement précédent a demandé à EDF un rapport sur ce sujet. Si celui-ci devait se révéler exact, il remettrait en question non seulement les deux dernières décennies de choix énergétiques, mais aussi – et surtout – votre désastreuse PPE3.
Mais, au fond, tout le monde peut se tromper. Tout le monde peut se faire prendre en étau entre subventions, lobbies et électoralisme facile. À ceci près que le rapport est désormais terminé et qu'EDF se dit prêt à le publier. À ceci près que, dans le même temps, RTE nous indique que nous pourrions passer des 12 térawattheures de modulation actuels à 60, voire à 100 térawattheures en 2035. À ceci près que les fuites dans la presse nous apprennent qu'avec la modulation actuelle, les coûts de maintenance augmentent, la durée de vie des réacteurs diminue et la rentabilité économique du nucléaire se dégrade. À ceci près que vous semblez vouloir purement et simplement enterrer ce rapport, sous prétexte qu'il pourrait « servir de munition contre les énergies intermittentes ».