Christophe ProençaMonsieur le ministre de l'éducation nationale, le problème que je vais évoquer concerne le territoire de la Mecanic Vallée, cluster d'entreprises liées à l'aéronautique et à la défense, qui va de Rodez à Brive en passant par Aurillac et Figeac, traversant six départements : le Lot, l'Aveyron, le Cantal, la Corrèze, la Haute-Vienne et la Dordogne.
Le lycée La Découverte, à Decazeville dans l'Aveyron – où j'ai enseigné pendant trente-trois ans –, a reçu une notification de fermeture de son BTS Europlastics et composites, dernier représentant de cette spécialité en Occitanie. L'ensemble de la communauté éducative est en émoi, tout comme le réseau d'entreprises, en particulier Ratier Figeac – avec ses 1 200 emplois –, spécialiste mondiale des pales d'avion, faites justement de composites.
Cynisme ou maladresse : cette année, le lycée a obtenu d'organiser le prestigieux concours général des métiers de la plasturgie au printemps !
Cette décision verticale n'a fait l'objet d'aucune véritable discussion. Il faut la revoir et je compte sur vous et sur vos services pour étudier ce dossier en concertation avec les acteurs de terrain.
Au-delà de ce cas précis, nous ne pouvons laisser l'enseignement technique prendre la poussière, en particulier les sections de technicien supérieur qui, pendant de nombreuses années, ont fourni à l'industrie française ses techniciens et ses ingénieurs.
Il faut moderniser les BTS et les aligner sur le dispositif licence-master-doctorat, à l'instar des bachelors universitaires de technologie – anciennement IUT –, en alliant formation initiale et stages en entreprise.
Nous sommes certainement nombreux, parmi les membres de cette assemblée, à souhaiter participer à la modernisation et à la revalorisation des filières essentielles à notre économie. Faute d'un travail rapide, des compétences techniques majeures seront définitivement perdues. Sans techniciens, sans ingénieurs, sans innovation, aucun réarmement industriel ne sera possible en France.