Jérôme NuryMonsieur le premier ministre, l'énergie est à proprement parler le carburant de notre économie : elle conditionne notre prospérité, notre compétitivité et notre souveraineté. La France ne peut plus se permettre ni l'approximation ni l'idéologie. Elle doit faire des choix fondés sur la science et sur l'intérêt national. Notre responsabilité est claire, a fortiori dans le contexte géopolitique instable et dangereux que nous connaissons : nous devons garantir aux Français comme aux entreprises une électricité décarbonée à un prix abordable.
S'agissant de la programmation énergétique, la construction annoncée de six réacteurs nucléaires va dans le bon sens après l'absurde fermeture de quatorze réacteurs envisagée en 2018. Toutefois, vous misez encore sur une électrification massive des usages d'ici quatre ans, ce qui relève du fantasme technocratique, alors même que la consommation électrique stagne depuis vingt ans, qu'elle est même en baisse depuis 2019 et que notre pays produit déjà trop d'électricité. Résultat : une surproduction et le stop and go qui dégrade nos centrales en les faisant vieillir prématurément et qui augmente le coût du nucléaire.