Yaël MénachéMonsieur le premier ministre, après un nouveau budget d'impasse, la publication de la PPE3 confirmerait que la ligne que vous soutenez prolonge, avec toute l'arrogance macroniste qui est la vôtre, une politique de ruine nationale.
Ce serait aussi, de votre part, un nouveau passage en force contre notre démocratie parlementaire : les débats, à l'Assemblée nationale comme au Sénat, ont montré que vous étiez largement minoritaires sur ce sujet. Comment accepter que vous imposiez une trajectoire engageant notre nation pour des années sans légitimité populaire ni majorité parlementaire et au prix d'une impasse économique, financière et écologique ? On ne planifie pas dix ans d'énergie sans contrôle démocratique, sans chiffrage complet et sans retour d'expérience.
Et comment ne pas s'interroger sur les intérêts à l'œuvre derrière ce choix brutal, quand autant d'argent public alimente les réseaux de lobbys qui prospèrent sous la présidence d'Emmanuel Macron ?
Quand il s'agit de l'énergie éolienne, vous nous parlez de « tensions locales ». Ces tensions ne sont pourtant en rien anecdotiques. Dans ma circonscription de la Somme, département déjà très fortement touché, une plaignante a été reconnue victime par la justice. Le tribunal judiciaire de Strasbourg a retenu que le fonctionnement de douze éoliennes, situées pourtant au-delà des 500 mètres réglementaires, constituait une cause « directe et certaine » d'un stress et d'une anxiété. La plaignante décrivait des troubles du sommeil, des céphalées, des acouphènes, des vertiges, des nausées, de la tachycardie – au point d'avoir dû quitter sa maison.
Ma question est donc simple : allez-vous suspendre la publication de la PPE3 tant que vous n'aurez pas organisé au Parlement un débat suivi d'un vote, tant que vous n'en aurez pas présenté un chiffrage complet et opposable et tant que vous n'aurez pas détaillé un cadre sanitaire et acoustique renforcé garantissant que nos compatriotes ne paieront pas de leur santé une politique imposée d'en haut ?