Nicole SanquerJ'ai déjà alerté le gouvernement sur l'exclusion des élèves polynésiens de la bourse nationale au mérite dans l'enseignement scolaire. La réponse apportée s'est fondée sur le statut d'autonomie de la Polynésie française. Je connais trop bien cet argument, qui ne répond pas à la question de fond.
L'autonomie ne peut pas devenir un motif d'exclusion. Ce que nous demandons, ce n'est pas une exception ; c'est l'égalité de traitement pour tous les étudiants de la République, y compris ceux du Pacifique. Cette réponse ne peut donc suffire lorsqu'il s'agit de l'enseignement supérieur.
Les étudiants polynésiens poursuivent leurs études dans des formations sanctionnées par des diplômes nationaux et organisées dans le cadre du service public de l'enseignement supérieur. Ils sont évalués selon les mêmes critères, passent les mêmes examens et participent pleinement à la réussite universitaire française.
Pourtant, même lorsqu'ils remplissent les conditions d'excellence académique requises, ils demeurent exclus de l'aide nationale au mérite. Cette situation conduit à une différence de traitement entre des étudiants français placés dans une situation comparable, uniquement en raison de leur territoire d'origine.
L'autonomie institutionnelle n'a jamais eu pour objet de restreindre l'égalité d'accès aux dispositifs nationaux valorisant la réussite et l'engagement dans les études supérieures.
Le gouvernement entend-il adapter le dispositif afin que les étudiants polynésiens puissent enfin bénéficier de l'aide nationale au mérite, ou assume-t-il le maintien durable de cette différence de traitement ?