Sébastien Lecornu, premier ministre. Comme l'a fait le garde des sceaux, ministre de la justice, à l'instant, et en s'associant à l'hommage que la présidente de l'Assemblée nationale a rendu au nom de la représentation nationale, le gouvernement de la République dit toute sa solidarité et toute sa compassion à la famille du jeune Quentin et lui présente ses condoléances. C'est un drame absolument épouvantable, les images sont insoutenables. Ce qui s'est passé ne doit pas rester impuni.
La première chose à faire, le garde des sceaux vient de le dire, c'est de s'assurer que la vérité judiciaire passe sans aucune pression sur les enquêteurs ni sur l'autorité judiciaire. Le gouvernement dit toute sa confiance dans les institutions pour que la vérité des faits soit établie et que les responsabilités soient engagées.
La deuxième exigence porte précisément sur les responsabilités. Je vois bien qu'il y a une tentation de nier la responsabilité individuelle. Or dans notre société, chaque individu est responsable individuellement de ses actes. et je ne veux pas qu'on fasse évoluer le centre de gravité de cette responsabilité, comme je commence à le voir dans la presse depuis quarante-huit heures, où on peut lire que ce serait la responsabilité du corps préfectoral et de la police de Lyon, qui aurait manqué à sa mission en n'assurant pas la sécurité aux abords de Sciences Po Lyon. Les responsables sont celles et ceux qui commettent des actes de violence. Il ne faut pas inverser le récit !
La troisième exigence - vous la connaissez, vous qui avez été, qui plus est, ministre de l'enseignement supérieur -, c'est notre capacité à protéger les débats intellectuels au sein des universités. Les troubles répétés à l'ordre public - plusieurs dizaines - menacent ce qui fait l'identité de l'université française, qui est un lieu de liberté de rencontres et de débats intellectuels. Ces troubles mettent en danger cette liberté.
J'ai demandé au ministre Philippe Baptiste de resserrer le lien avec les recteurs et les présidents d'université. Malheureusement, si nous devons interdire un certain nombre de conférences, ce qui doit demeurer l'exception, il faudra le faire, parce que c'est le seul moyen de défendre nos principes de liberté du dialogue et de la production intellectuelle, auxquels nous sommes tous attachés.