Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale. Je ne reviendrai pas sur les chiffres démographiques. Vous les connaissez, et je les ai rappelés à de nombreuses reprises. J'ai d'ailleurs été le premier à fournir des projections à dix ans, que mes successeurs pourront utiliser. Dans les dix prochaines années, notre système éducatif perdra environ 1,7 million d'élèves. En Meurthe-et-Moselle, depuis 2017, ce sont 9 200 élèves en moins, et vous en perdrez 1 740 à la prochaine rentrée.
Vous parlez d'une belle occasion, quand il s'agit plutôt d'une triste occasion, mais une occasion quand même. Nous avons déjà agi et décidé de ne pas subir les évolutions démographiques. En Meurthe-et-Moselle, en sept ans, le nombre moyen d'élèves par classe est passé de 23,9 à 21,5, et de 22,4 à 16,8 pour les classes prioritaires. Le taux d'encadrement a connu une amélioration sensible.
Cela étant, deux possibilités s'offrent à nous. Soit on continue, année après année, à observer les évolutions démographiques et à tirer des conséquences budgétaires à partir de règles de trois. Soit on inverse la logique : on part du terrain et on façonne une carte scolaire pour cinq ans à partir d'observations, dans une logique d'aménagement du territoire et d'amélioration de l'offre scolaire. Cela permettrait de nourrir la discussion du projet de loi de finances à partir des besoins effectivement constatés.
C'est ce que j'ai commencé à faire dans dix-huit départements, dont la Meurthe-et-Moselle. Personne ne s'en rend compte, mais il s'agit d'un bouleversement, à la fois de la méthode et de la culture administrative. J'ai bon espoir qu'on parvienne, grâce à cette nouvelle approche, à sortir d'une logique strictement annuelle et qu'on reprenne en main la politique territoriale et le destin de l'école.