Théo BernhardtMonsieur le ministre de l'intérieur, le 26 mai, avec le ministre de la ville, vous avez signé une circulaire que les Français n'ont pas vue passer, mais dont ils paieront le prix. L'objet de cette circulaire est clair : régulariser plus vite les étrangers bénéficiaires de l'hébergement d'urgence « pour faciliter leur accès au logement ». En clair, vous ordonnez aux préfets de traiter en priorité les dossiers relatifs aux titres de séjour des étrangers hébergés afin de les régulariser au plus vite, dans le but de désengorger les hébergements d'urgence.
Comme la régularité du séjour est la clé d'entrée dans le parc social, vous ouvrez mécaniquement à ces personnes la porte du logement HLM, et même la file prioritaire, celle qui passe devant 2,8 millions de ménages déjà inscrits sur les listes d'attente – un record historique. Ce sont près de 5 millions de personnes – des Français modestes, des mères seules, des jeunes couples, des travailleurs –, qui patientent, qui rappellent et qui espèrent. Eux, monsieur le ministre, attendent des années, parce qu'aujourd'hui, dans notre pays, à peine une demande de HLM sur dix est satisfaite. Voilà l'état réel de notre parc social : saturé, à bout de souffle, incapable de loger ceux qui y ont droit.
Face à ce constat, après neuf ans de macronisme, deux plans Logement d'abord, et des milliards d'euros d'argent public, votre seule solution est d'orienter ce parc-là en priorité vers les étrangers. Même La France insoumise n'y avait pas pensé ! Alors que la France n'a jamais délivré autant de titres de séjour, qu'elle n'a jamais compté autant de clandestins sur son sol, non content de les laisser entrer, non content de les laisser rester, vous signez désormais une circulaire pour les loger.