Mathilde HignetMadame la ministre de l'agriculture, vous sacrifiez nos paysans par vos actions néfastes ! Chez nous, il manquera la récolte de 4 hectares de pommes de terre dans les 300 paniers de notre groupement de producteurs ; chez Yohann, la canicule et la tornade ont tout emporté ; chez Nicolas, chez Françoise, chez Benjamin et tant d'autres, la canicule n'a pas prévenu, elle a tué ! Elle tue celles et ceux qui n'ont pas les moyens de faire face, en ville comme à la campagne.
Dans les fermes, les chiffres sont accablants ! En Bretagne, plus de 5 000 tonnes d'animaux sont morts la semaine dernière : des milliers de poulets, de porcs et de vaches… Les animaux souffrent, suffoquent et meurent sous les yeux de leurs éleveurs. C'est un véritable choc psychologique ! Devant des prairies jaunies, des légumes qui cuisent dans les serres, des vergers littéralement grillés, c'est la peur des lendemains.
En plus, on demande aux éleveurs d'enterrer eux-mêmes leurs animaux sur leurs fermes. Les services d'équarrissage sont saturés, comme ils l'étaient pendant la crise sanitaire de la dermatose nodulaire contagieuse. Nous ne sommes prêts ni à la gestion des crises sanitaires ni à celle des crises climatiques…
Pourtant, vous persistez avec la loi d'urgence agricole. Mais augmenter la taille des élevages et réautoriser l'acétamipride ne fera qu'aggraver les tensions avec le reste de la population et la vulnérabilité des fermes !
À vouloir être compétitif à tout prix, vous poussez les agriculteurs dans une impasse, alors que, sur le terrain, face à la canicule, des paysans et paysannes nous montrent une porte de sortie. Les fermes les plus résilientes sont celles à taille humaine , diversifiées, en élevage plein air, qui préservent les arbres, les haies, les zones humides et choisissent une génétique rustique.
Vous voyez, les solutions sont là, sous nos yeux ! C'est à nous, femmes et hommes politiques, de nous en saisir et de mettre les moyens pour les soutenir ; sinon, l'agriculture française disparaîtra.
Dans l'immédiat, madame la ministre, quand allez-vous déclencher la procédure de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle ?