Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des affaires étrangères . Vous l'avez dit, la journée de lundi a été marquée par la libération tant attendue des vingt otages qui étaient encore retenus par le Hamas à Gaza. Immense soulagement et immense émotion. C'était la première étape du plan de paix présenté par les États-Unis le 29 septembre.
Il n'aurait pas été possible d'y parvenir sans les efforts déployés depuis un an par la France et l'Arabie Saoudite car, tout simplement, il aurait été illusoire d'espérer obtenir un cessez-le-feu et la libération des otages sans la formation d'un consensus concernant l'immédiat après-guerre et l'horizon politique. Or c'est précisément cette carence que l'initiative franco-saoudienne a permis de pallier.
Si cette étape est considérable, la situation reste fragile. Nous parlons d'un cessez-le-feu, ce n'est donc pas encore la paix. Si le sommet de Charm el-Cheikh, auquel le président de la République a participé, était si important, c'est parce qu'il nous a permis de nous coordonner avec les autres pays européens et avec les pays arabes qui veulent prendre toute leur part dans la construction d'une paix durable dans la région.
S'agissant de ces efforts, auxquels la France contribuera pleinement, trois axes se dégagent. Le premier, c'est évidemment l'aide humanitaire et la reconstruction. Il faut inonder la bande de Gaza d'aide humanitaire et commencer d'ores et déjà le travail de reconstruction. C'est la raison pour laquelle la France coorganisera, avec l'Égypte, une conférence dédiée à cette question.
Deuxièmement, il faut assurer la sécurité, notamment des Gazaouis. C'est pourquoi la France présentera au Conseil de sécurité des Nations unies, avec le Royaume-Uni et en lien avec les États-Unis, une résolution visant à donner mandat à une force internationale de stabilisation à même d'opérer très prochainement à Gaza.
Le troisième enjeu est la gouvernance de Gaza. Nous voulons que les Palestiniens y trouvent toute leur place, notamment une autorité palestinienne réformée, profondément transformée, comme le prévoit la déclaration de New York, que nous avons défendue avec l'Arabie Saoudite et qui a été adoptée à l'immense majorité des États membres des Nations unies le 12 septembre.