Stéphane BuchouPlusieurs garagistes de ma circonscription de Vendée m'ont alerté sur les difficultés auxquelles ils font face depuis la publication de l'arrêté du 21 novembre 2025, qui a fixé à quatre mois la durée de validité des plaques d'immatriculation temporaire WW, dites plaques roses. Dans un secteur d'activité déjà confronté à une grande complexité – pour ne pas dire lourdeur – administrative, la vente de véhicules importés devient un casse-tête, surtout pour les petites structures.
En pratique, les véhicules arrivent bien souvent avant que l'ensemble des documents administratifs ne soient disponibles, notamment parce que les certificats de conformité européens des constructeurs sont fréquemment délivrés avec retard. Les professionnels dénoncent même, pour certaines marques, une rétention de documents empêchant toute demande immédiate d'immatriculation définitive. Afin que le client puisse circuler à bord de son nouveau véhicule, le garagiste n'a alors d'autre choix que de le livrer avec une immatriculation provisoire WW, désormais valable pour une durée maximale de quatre mois.
Débute alors une course contre la montre marquée par l'enchaînement – sinon l'enchevêtrement – des démarches : l'obtention du quitus fiscal, qui peut prendre jusqu'à deux semaines, puis du certificat de conformité, qui peut prendre jusqu'à un mois. Lorsque ce certificat fait défaut, il faut recourir à une réception à titre isolé auprès de la Dreal, la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement, avec des délais de rendez-vous allant de trois à huit semaines – auxquels s'ajoutent une à deux semaines pour obtenir le procès-verbal du contrôle. Une fois le dossier enfin complet, la demande est transmise à l'Agence nationale des titres sécurisés où, pour certains véhicules importés, notamment d'en dehors de l'Union européenne, l'instruction peut encore prendre plusieurs semaines.
Mis bout à bout, ces délais administratifs, indépendants de la volonté du garagiste vendeur comme de celle du client, peuvent largement dépasser les quatre mois de validité des plaques WW. Cette situation, malheureusement fréquente, place les professionnels dans une situation très inconfortable et les clients dans une grande insécurité juridique.
Face à cette réalité remontée du terrain, j'ai trois questions. Envisagez-vous des mesures pour accélérer le traitement des RTI par les Dreal et l'instruction des dossiers par l'ANTS ? Quelles actions l'État mène-t-il pour lutter contre la rétention de documents par certains constructeurs et, ainsi, protéger les petits garagistes ? Dans l'attente d'une amélioration globale des délais, est-il envisagé d'étendre la durée de validité des plaques WW ou, à tout le moins, d'en faciliter le renouvellement au-delà de quatre mois d'utilisation ? Il y va de la survie de beaucoup d'établissements qui ont fait le choix de rester présents dans des territoires ruraux et pour qui l'activité de vente est indispensable à la pérennité de leur modèle économique.