Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités. Vous interrogez le gouvernement au sujet du contrat d'engagement de service public, créé en 2009 pour améliorer l'accès aux soins par l'engagement territorial des professionnels de santé. Ce dispositif répond à plusieurs objectifs en fournissant aux étudiants en santé qui en font la demande une allocation mensuelle supplémentaire aux bourses sur critères sociaux de 1 200 euros par mois, en contrepartie d'un engagement à exercer temporairement en zone sous-dense.
Le dispositif a fait l'objet de plusieurs évolutions législatives, d'abord par la loi relative à l'organisation et à la transformation du système de santé de 2019, puis, en 2023, par la loi défendue par votre collègue, le président Frédéric Valletoux. Cette dernière évolution a conduit à étendre le dispositif, sans moyens supplémentaires, aux étudiants dès la deuxième année de formation, notamment en médecine.
Soucieuse de la sortie des textes d'application des lois votées par la représentation nationale, par décret du 5 janvier 2026, la ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées a élargi, comme le dispose la loi, le bénéfice du contrat d'engagement de service public. Le gouvernement souhaite néanmoins engager une réforme plus large du CESP, qui aujourd'hui n'est accessible qu'aux formations en médecine, maïeutique, odontologie et pharmacie, tandis que d'autres dispositifs existent pour les formations paramédicales, notamment le contrat d'allocation d'études pour les étudiants en soins infirmiers.
Nous souhaitons passer d'une logique de guichet à une logique de pilotage territorialisé et selon les besoins. Il est donc nécessaire d'engager une évaluation des besoins en 2026. Cette réforme se fera en parallèle de la détermination des objectifs nationaux de professionnels de santé en formation. Une rénovation réglementaire permettra d'assurer un pilotage selon les besoins, en fonction des territoires, dans un cadre plus lisible. La ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées a confié le soin à la direction générale de l'offre de soins de conduire cette réforme dès l'année 2026.