Nicolas TurquoisJe voudrais rappeler au gouvernement en général et à Mme la ministre de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire en particulier, l'importance de la Mutualité sociale agricole pour la protection sociale des agriculteurs.
Guichet unique, la MSA est chargée de la perception des cotisations sociales ainsi que de la protection en santé, de la politique familiale, de celle du logement et de la gestion des retraites du monde agricole. C'est une organisation originale qui facilite l'accès aux droits pour les agriculteurs, dont elle est le seul interlocuteur pour toutes les questions liées à leur protection sociale.
Cependant, les critiques à son égard se multiplient. Que ce soit en tant qu'agriculteur ou en tant que député, je constate régulièrement un nombre croissant de dysfonctionnements au sein de la MSA.
Prenons l'exemple des appels de cotisations sur travailleurs saisonniers de 2024. Leur calcul a été systématiquement et significativement erroné au détriment des employeurs agricoles. Le remboursement des indus a relevé du parcours du combattant car, selon la MSA elle-même, elle ne savait pas comment régulariser la situation. Je peux aussi évoquer son site internet, dont l'interface est loin d'être intuitive et dont les dysfonctionnements sont réguliers. En 2026, mettre à la disposition des utilisateurs une application numérique fiable, claire, interactive et inclusive semble relever du b.a.-ba, mais la MSA en est encore loin.
L'agriculture est en grande difficulté. Elle a besoin d'un accompagnement de qualité en matière de protection sociale, mais la confiance à l'égard de la MSA s'est largement dégradée.
À l'heure où la convention d'objectifs et de gestion avec la MSA doit être revue, j'aimerais savoir si une inspection de l'institution pourrait être envisagée pour faire le diagnostic de ses difficultés et pour évaluer les ressources financières de la MSA, qui sont trop faibles pour écouter et accompagner correctement sur le terrain les nombreux agriculteurs en difficulté.