Romain BaubryJ'appelle l'attention du ministre des transports sur la situation du projet de liaison Est-Ouest contournant l'agglomération d'Avignon, plus communément appelé projet LEO. Ce projet engagé de longue date vise à créer, en trois tranches, un contournement routier au sud d'Avignon, afin de tenir compte d'enjeux majeurs de mobilité et d'aménagement du territoire.
La première tranche est en service depuis 2010, mais les tranches 2 et 3 demeurent à ce jour en suspens. Pourtant les objectifs sont clairs et largement partagés : désengorger le centre-ville d'Avignon, améliorer la desserte de l'agglomération et faciliter l'accès à des équipements structurants tels que la gare TGV, l'hôpital ou encore les zones d'activité économique.
Malgré des années d'études, de concertation et d'engagements financiers, ce projet est à l'arrêt en raison de désaccords politiques qui ont persisté entre les collectivités concernées, notamment sur le tracé de la tranche 2. Ce blocage a conduit l'État à rediriger, fin 2025, les crédits initialement prévus vers d'autres opérations, au motif d'un manque de consensus local. Dans le même temps, le coût du projet a connu une hausse spectaculaire, passant d'environ 143 millions d'euros à un niveau désormais proche de 300 millions, voire supérieur. Cette augmentation s'explique notamment par le renforcement des exigences environnementales mais aussi par l'actualisation des coûts de construction, dans un contexte d'inflation.
Cette situation est particulièrement contraignante pour les habitants du nord des Bouches-du-Rhône, qu'ils soient de Châteaurenard, de Noves, de Rognonas, de Barbentane ou d'ailleurs, qui subissent au quotidien les conséquences de l'engorgement routier notamment au niveau du secteur Bonpas, devenu un point noir de la circulation.
Localement, les lignes semblent néanmoins bouger puisque le nouveau maire d'Avignon, également président du Grand Avignon, a annoncé être favorable au tracé initial de cette tranche 2. J'ai donc deux questions : l'État entend-il toujours mener à bien ce projet structurant et selon quel calendrier ? Quelles garanties pouvez-vous apporter quant au financement futur de cette infrastructure, dans un contexte de forte inflation des coûts ?