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🧭Gouvernement Lecornu II



















Stéphane Buchou

Chaque été, les côtes françaises sont très fréquentées. Elles le seront vraisemblablement cette année encore eu égard au contexte international qui ne devrait malheureusement pas connaître d'améliorations majeures dans les semaines à venir. C'est une bonne nouvelle pour les professionnels du tourisme des territoires concernés, parmi lesquels ceux de ma circonscription du littoral vendéen. Certaines communes, vous le savez, peuvent accueillir dix fois leur population habituelle : dix fois plus de monde, mais pas dix fois plus de médecins, ni dix fois plus de lits ! Quand un touriste se blesse loin de son médecin traitant, il n'a qu'un réflexe : les urgences. Mais les urgences sont déjà à genoux. Et des urgences saturées en hiver deviennent des urgences en péril l'été.

Dans ma circonscription, nous ne disposons que de deux établissements acceptant les urgences. Le premier est l'hôpital de l'île d'Yeu, le plus petit hôpital de France, doté de seulement quatorze lits. Dans une île accessible uniquement par voie maritime, où les urgences vitales nécessitent une évacuation par hélicoptère, cet établissement doit faire face, avec moins de 50 professionnels de santé, à une population qui passe de 5 000 à 30 000 personnes l'été. Moins de 50 soignants pour 30 000 personnes dans un territoire insulaire où la moindre défaillance peut avoir les conséquences qu'on imagine aisément.

Le second est le centre hospitalier Côte de lumière, aux Sables-d'Olonne. Là, la situation est connue, répétée et très préoccupante. Au plus fort de l'été, la population peut atteindre 300 000 habitants, contre 50 000 en temps normal. Depuis plusieurs années, les urgences sont régulièrement fermées la nuit, en raison du manque de personnel médical. Ces suspensions n'interviennent pas seulement la nuit, elles peuvent également survenir durant le week-end et parfois même en journée, faute de médecins remplaçants.

Quant à Noirmoutier, notre deuxième île, certes reliée par un pont au continent, son hôpital, vétuste, n'accepte pas les urgences. Ses habitants doivent rejoindre par la route le centre hospitalier de Challans, dont les urgences, elles-mêmes à bout de souffle, sont dans la situation plus que préoccupante que vous connaissez, madame la ministre.

Face à cette réalité, ma question est simple et, sans faire de mauvais jeu de mots, revêt un caractère urgent : comment appréhendez-vous l'accès aux soins pour les semaines à venir dans les territoires qui connaîtront l'afflux des touristes ? Quelles mesures concrètes le gouvernement entend-il prendre pour renforcer les effectifs des services d'urgences dans les territoires littoraux à forte saisonnalité, notamment dans les îles où l'éloignement géographique peut avoir des conséquences dramatiques ?
Stéphanie Rist,
ministre de la santé, des familles, de l'autonomie et des personnes handicapées.
Vous appelez mon attention sur la situation des urgences dans les territoires littoraux, en particulier en Vendée, à l'approche de la période estivale. Vous avez raison, ce territoire connaît chaque été une augmentation très importante de sa population avec pour conséquence une hausse de la fréquentation des urgences. Cette situation est pleinement anticipée. L'instruction que j'ai adressée le 29 mai dernier aux directeurs généraux des agences régionales de santé fixe une méthode claire : anticiper, coordonner et adapter l'offre de soins à la réalité territoriale.

Les établissements mettent en œuvre des mesures concrètes d'adaptation : ajustement des effectifs en période de forte activité, mobilisation de capacités complémentaires, organisation de solutions d'aval pour limiter l'engorgement. L'anticipation et la coordination reposent également sur la bonne orientation des patients. En ce sens, le service d'accès aux soins est pleinement mobilisé pour trouver les solutions les plus adaptées en articulant médecine de ville et hôpital. Dans ce cadre, le territoire vendéen a renforcé pour l'été les centres de soins non programmés, notamment à Challans et aux Sables-d'Olonne, afin de permettre une prise en charge importante des soins en dehors de l'hôpital.

Enfin, les professionnels libéraux sont pleinement engagés dans le dispositif, avec une offre de soins non programmés structurée et une participation dynamique à la permanence des soins ambulatoires. Je veux le souligner, cette organisation repose sur une mobilisation collective adaptée aux spécificités de chaque territoire et très attentivement suivie tout au long de l'été. Ma priorité est claire : garantir un accès aux soins pour tous les patients tout en soutenant l'ensemble des professionnels mobilisés sur le terrain.
Stéphane Buchou

Je vous remercie d'avoir pris les mesures indispensables pour faire face à la forte affluence de vacanciers cet été dans mon département et dans tous les territoires touristiques de notre pays. Une attention permanente sera cependant nécessaire : tous les ans, la situation ne tient qu'à un fil et nous ne sommes jamais loin du point de rupture. En tout état de cause, merci de votre vigilance accrue !
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