Frédérique Vidal,
Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation •
15 déc. 2020Le métier d'intermédiateur a commencé à se structurer il y a quelques années en France, et le ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation (MESRI) soutient son développement. L'intermédiateur est un professionnel sourd, référent culturel et linguistique, qui intervient toujours en binôme avec un interprète, leurs rôles étant complémentaires. Les intermédiateurs font partie des métiers de l'intervention sociale. À ce titre, leurs formations sont intégrées dans les licences professionnelles intervention sociale. Il existe, à ce jour, d'après le site de l'ONISEP, 71 formations de licences professionnelles liées à l'intervention sociale. Certaines de ces licences disposent d'option « intervenant spécialisé dans le domaine de la surdité (langue des signes) » ou de parcours type « développement et médiation linguistiques en langue des signes ». Il existe également des diplômes dédiés, par exemple le diplôme d'études supérieures d'université médiateur relais sourds-entendants de l'Université Paris 8. Tous les cursus de l'enseignement supérieur ont par ailleurs vocation à s'adapter à des publics étudiants en situation de handicap. Plus de 95 articles du code de l'éducation sont relatifs au handicap. L'article L. 123-4-2 de ce code prévoit que « les établissements d'enseignement supérieur inscrivent les étudiants en situation de handicap ou présentant un trouble de santé invalidant, dans le cadre des dispositions réglementant leur accès au même titre que les autres étudiants, et assurent leur formation en mettant en œuvre les aménagements nécessaires à leur situation dans l'organisation, le déroulement et l'accompagnement de leurs études. ». De même, l'article L. 712-2 dispose que le président d'une université « veille à l'accessibilité des enseignements et des bâtiments aux personnes en situation de handicap, étudiants et personnels de l'université ». Tous les enseignements, qu'ils soient orientés vers l'intervention sociale ou non ont donc vocation à être accessibles aux personnes en situation de handicap. Dans tous les cas, le principe d'autonomie des établissements ne permet pas au ministère de l'enseignement supérieur, de la recherhce et de l'innovation de créer des diplômes dédiés à un cursus spécifique. L'article L. 711-1 du code précité dispose en son alinéa 1 que « les établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel sont des établissements nationaux d'enseignement supérieur et de recherche jouissant de la personnalité morale, de l'autonomie pédagogique et scientifique, administrative et financière ».