À
Annie Genevard,
Ministère de l’agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire, 🧭Gouvernement Lecornu II •
9 juin 2026M. Guillaume Garot attire l'attention de Mme la ministre de l'agriculture, de l'agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire sur la dégradation préoccupante de la situation économique des producteurs et productrices laitiers. Les éleveurs et éleveuses font face à une chute significative des prix du lait, de l'ordre de 100 euros pour 1 000 litres en un an, alors même que leurs charges d'exploitation continuent de progresser, notamment sous l'effet de la hausse du gazole non routier. Ce décrochage des prix s'explique par un déséquilibre structurel entre l'offre et la demande : la production européenne progresse d'environ 5 % en 2025 par rapport à 2024 sous l'effet de l'intensification et des gains de productivité par vache, tandis que la demande ne suit pas. Dans ce contexte, coopératives et industriels ont procédé en France à des baisses importantes du prix payé aux producteurs et productrices, tandis que certains pays voisins affichent des niveaux encore plus dégradés. Lors du Conseil Agriculture de l'Union européenne du 30 mars 2026, la Belgique, soutenue par plusieurs États membres, a porté cette crise à l'ordre du jour et demandé l'activation de mécanismes d'urgence avec notamment une réduction volontaire de la production financée par la réserve de crise européenne et une revalorisation du prix d'intervention. La question d'une réduction obligatoire, ramenant chaque producteur et productrice à son niveau de production de 2024 hors agriculture biologique et filières de qualité, a également été évoquée comme option plus contraignante. Alertée en amont de ce Conseil sur la nécessité d'agir rapidement, la France n'a pas exprimé de position, laissant sans écho les appels de ses partenaires à une réponse coordonnée. Il lui demande quelles mesures le Gouvernement entend prendre pour soutenir les producteurs et productrices laitiers face à cette crise et quelle position la France entend défendre au sein du Conseil Agriculture de l'Union européenne s'agissant des instruments de régulation du marché laitier.