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🧭Gouvernement Lecornu II



















🤔Pollution de l'air, pollution maritime et nuisances sonores
7 juil. 2026
Sébastien Delogu
pollution
M. Sébastien Delogu attire l'attention de Mme la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature sur la pollution de l'air, la pollution maritime et les nuisances sonores que subissent les habitants du 16e arrondissement de Marseille. Selon Santé publique France, la pollution de l'air est responsable en France de près de 40 000 morts par an. Pour mesurer cette pollution, entres autres initiatives, l'association Cap au Nord a installé dans le 16e arrondissement de Marseille une série de capteurs citoyens. Les relevés de ceux-ci indiquent, de manière catégorique, que les seuils maximaux concernant les particules fines et le dioxyde d'azote recommandés par l'Organisation mondiale de la santé sont régulièrement dépassés. À la source de ces pollutions, les panaches de fumée qui s'échappent des cheminées des navires stationnés à quai dans le Grand port maritime de Marseille et dans le chantier de réparation naval « Form 10 ». Ces derniers, à défaut de régulation de la part du Gouvernement, d'électrification complète des quais ou de compatibilité avec les rares infrastructures électriques présentes, laissent tourner leurs moteurs en permanence. Les panaches de fumée qui s'échappent de leurs cheminées exposent notamment les habitants et les travailleurs à des pathologies graves comme l'anxiété, l'asthme, des difficultés respiratoires ou des cancers. De plus, les navires stationnés à quai sont également responsables d'une forte pollution maritime due au rejet de leurs eaux de lavage dans le port et aux retombées de la pollution atmosphérique qu'ils produisent. Celle-ci met en danger tant l'écosystème marin que la possibilité pour les Marseillaises et les Marseillais de profiter de leur littoral. Enfin, comme l'indiquent les riverains de l'Estaque ou de Saint-Henri, dont les relevés dépassent régulièrement les seuils de décibels légaux en soirée et la nuit, les activités portuaires du Grand port maritime de Marseille et du chantier « Form 10 », ainsi que les avions qui décollent ou atterrissent de l'aéroport de Marseille Provence, engendrent également de fortes nuisances sonores. Pour ces raisons, il lui demande quand le Gouvernement prendra des mesures pour protéger la santé des habitants de Marseille, en écoutant leurs revendications légitimes, en les associant aux décisions qui les concernent et en régulant les activités industrielles portuaires qui dégradent considérablement leur cadre de vie.
↕️Tri
Le grand port maritime de Marseille (GPMM) a engagé une politique importante pour réduire la pollution de l'air liée aux navires y faisant escale, avec comme mesure phare le programme « Escales zéro fumée ». Le programme, soutenu par l'État, la région Sud, la métropole d'Aix-Marseille et la ville de Marseille, permet aux bateaux de couper leurs moteurs lors de leurs escales et de se brancher directement à l'électricité à quai. Dans les bassins est à Marseille, le grand port maritime dispose actuellement de quatorze postes électriques à quai opérationnels (quatre pour les ferrys assurant la desserte de la Corse, six pour les ferrys internationaux et quatre pour les navires de croisière). La mise en service de deux postes supplémentaires pour les navires de croisière et d'un pour les ferrys vers la Corse est programmée en 2027. Deux postes supplémentaires pour les ferrys vers la Corse, quatre postes pour les navires porte-conteneurs et sept autres postes (réparation navale et trafic non massifié) sont prévus à horizon 2029. Au total, ce programme permettra ainsi de disposer de trente postes électriques à quai sur le grand port de Marseille d'ici 2030, pour un coût de plus de 200 millions d'euros, permettant de connecter près de 90 % des escales dans les bassins est lorsque les navires sont eux-mêmes équipés. Selon les études, l'électrification des quais contribuera à baisser les émissions des navires de dioxyde de soufre (-80 %), de particules fines (-75 %) et d'oxyde d'azote (-60 %) à Marseille et Fos-sur-Mer. L'État participe activement aux investissements du GPMM : via le programme « France Relance » (10 M€ entre 2020 et 2022, financés par le contrat de plan État-région 2015-2022), le Fonds vert (5 M€ en 2024) et le contrat de plan État-région 2023-2027 (28,1 M€). Sur ces derniers financements, formalisés par l'avenant n° 2 signé le 12 février 2026, 22,8 M€ sont d'ores et déjà engagés. Par ailleurs, plusieurs dispositifs ont été mis en œuvre depuis une dizaine d'années pour associer les riverains aux réflexions sur le développement du port de Marseille, et notamment sur la réduction des nuisances liées à ces activités dans les bassins est à Marseille. Le port et la ville de Marseille ont ainsi conclu en 2013 une charte « ville – port », dont l'objet est de développer, avec les acteurs publics, économiques et les riverains, une vision commune de l'avenir du port dans la ville de Marseille, en tenant compte des enjeux de contraintes d'espace et d'acceptabilité du territoire. Le port et la ville ont ensuite lancé en 2019 un dialogue « ville – port » dont l'objet est de répondre à la demande des populations riveraines d'être informées et impliquées dans les projets portuaires qui affectent leur cadre de vie, et de favoriser les relations de bon voisinage entre les différents acteurs de l'interface ville-port. Le projet stratégique du GPMM pour la période 2025-2029 entend enfin amplifier le suivi, la transparence, la concertation et les actions sur les sujets relatifs aux impacts et à la qualité de vie des riverains (émissions de gaz à effet de serre, bruit, etc.). Ainsi, en juillet 2025, le GPMM a noué un partenariat durable avec AtmoSud, observatoire de référence, pour surveiller les émissions liées à son activité. Le dispositif déployé dans l'enceinte et aux abords du port comprend deux stations de mesure et treize micro-capteurs dont les emplacements ont été déterminés en concertation avec les associations de riverains.
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