Max Mathiasin Depuis le 1er janvier, quarante-sept personnes ont été tuées en Guadeloupe et à Saint-Martin, la plupart par arme à feu, en pleine rue. Cette violence est liée au narcotrafic en provenance d'Amérique du Sud et à une circulation des armes à feu qui progresse de manière exponentielle. Nos concitoyens oscillent entre la terreur et la résignation.
Votre prédécesseur, monsieur le ministre de l'intérieur, est venu en Guadeloupe au mois d'août pour constater par lui-même le niveau d'insécurité, l'ampleur du narcotrafic ainsi que les besoins en personnel et en matériel des forces de l'ordre et des douanes.
Où sont les moyens supplémentaires pour lutter contre le narcotrafic et le trafic d'armes ? Où sont les drones ? Où en sont le laboratoire d'analyses balistiques et le laboratoire mobile d'analyses ADN – actuellement, les résultats d'analyse ne sont disponibles qu'après trois mois en Guadeloupe ? Où sont, entre autres, les radars, les bateaux – vous savez que ceux dont nous disposons ne fonctionnent pas ?
Le 4 novembre, devant la commission d'enquête sur les dysfonctionnements de l'accès à la justice en outre-mer, le garde des sceaux annonçait à l'Assemblée nationale une augmentation du nombre de magistrats et le lancement de nouveaux projets immobiliers. Hier, le président de la République a organisé une réunion de crise à l'Élysée sur le narcotrafic. Mais, malheureusement, la lutte contre le trafic de stupéfiants et la criminalité organisée ne concerne pas seulement Marseille.
Au congrès des maires, devant les élus ultramarins, le président David Lisnard a tiré la sonnette d'alarme, signalant que les outre-mer vivaient avant les départements de l'Hexagone et de façon exacerbée les différentes crises françaises – particulièrement la montée de l'insécurité et du narcotrafic.