Emmanuel Maurel Monsieur le premier ministre, nous ne comprenons pas le silence de la France sur l'accord commercial passé entre les États-Unis d'Amérique et l'Union européenne en juillet dernier. Il y aurait pourtant matière à débat, tant les concessions invraisemblables accordées par Mme von der Leyen à M. Trump s'apparentent à une capitulation en rase campagne.
Je rappelle que l'Europe accepte que ses produits soient taxés à hauteur de 15 % ; elle s'engage à acheter 750 milliards de dollars de produits pétroliers et gaziers ; elle promet d'investir 600 milliards de dollars outre-Atlantique. Ainsi, tous les instruments de défense commerciale qui avaient été lentement élaborés à Bruxelles pendant dix ans ont été abandonnés. C'est une très mauvaise nouvelle pour l'industrie européenne, et singulièrement pour l'industrie française, au moment où notre continent devient le premier déversoir de la surcapacité chinoise.
On peut parler d'attractivité retrouvée, de réindustrialisation, de souveraineté économique, mais quand on voit ce que fait la Commission européenne, franchement, il y a des questions à se poser ! Cela suscite une grande inquiétude pour l'industrie, mais aussi pour l'agriculture, au moment où les paysans s'apprêtent à subir et le projet Trump et l'accord sur le Mercosur. Pourtant, la France est timide et même ambiguë au sujet de cet accord, qui n'est pas conforme aux traités, qui est dérogatoire et qui instaure une concurrence déloyale.
Mesdames et messieurs les ministres, la coupe est pleine ! Entendez-vous la voix des élus, des industriels et des agriculteurs ? Ils s'inquiètent de la politique commerciale de l'Union européenne : elle nuit clairement à nos intérêts vitaux !