Valérie Létard Permettez-moi d'associer le groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires à l'hommage sincère et unanime rendu à Olivier Marleix.
Je souhaite vous parler aujourd'hui non d'un dossier administratif, mais d'une femme et de sa dignité. Elle s'appelle Marie-Christine. Je la salue chaleureusement, car elle nous regarde en ce moment. Elle a 71 ans et vit dans ma circonscription, à Petite-Forêt. Comme tant d'autres, elle est frappée par la maladie de Charcot qui, jour après jour, lui retire la parole, le mouvement, l'autonomie et parfois l'espoir. Ces dernières semaines, Marie-Christine n'arrive plus à se lever seule, même avec l'aide d'une professionnelle. Son élocution se dégrade, sa respiration inquiète. Sa fille Audrey jongle entre son travail, la coordination des soins, la location d'un lève-malade et l'hospitalisation à domicile. Elle envisage même d'arrêter de travailler pour rester auprès de sa mère. Cette famille se bat seule et s'épuise.
Pourtant, le Parlement a voté une loi, celle du 17 février 2025, pour que les personnes qui, comme Marie-Christine, déclarent la maladie de Charcot après 60 ans puissent enfin bénéficier de la prestation de compensation du handicap et d'une accélération des délais de traitement administratif. Cette loi, faute de publication du décret d'application, n'existe toujours pas dans la vraie vie : elle est votée depuis plus de neuf mois, mais n'est pas appliquée.
Pendant ce temps, Marie-Christine paie 790 euros de reste à charge par mois. Toutes ses économies y passent, alors qu'elle a travaillé toute sa vie. Comment expliquer à cette dame, comme à tous ceux qui sont touchés par cette maladie, qu'ils doivent encore attendre ? Madame la ministre, qu'attend le gouvernement pour publier enfin les décrets d'application ? Chaque jour compte.