Anna Pic Ma question s'adresse à monsieur le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères. Alors que la Russie, comme à la veille de chaque hiver, cherche à détruire les infrastructures énergétiques ukrainiennes, Donald Trump joue de nouveau le faiseur de paix. La première version de son plan, inspiré par les Russes et orchestré par les Américains, n'a de paix que le nom et s'apparente à la capitulation forcée d'un pays agressé. Fondamentalement démoralisateur, il ne présente aucune réelle garantie pour la sécurité ukrainienne et écarte de fait la diplomatie européenne.
Après un plan de paix pour Gaza qui a supplanté la déclaration de New York, défendue par la France et adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies, le plan de paix pour l'Ukraine douche les efforts de la coalition des volontaires. L'ère Trump est décidément un cauchemar pour la diplomatie européenne.
Ce constat d'effacement est par ailleurs singulièrement inquiétant étant donné la menace à laquelle les pays européens sont d'ores et déjà confrontés. Il y a, bien sûr, la guerre en Ukraine, ses frappes massives et ses pressions sur le front oriental, il y a aussi les nombreuses attaques hybrides ou d'intimidation que mènent nos compétiteurs sur le territoire européen : rupture de câbles sous-marins, cybermenaces sur nos structures de santé ou énergétiques, ou encore présence régulière de navires russes dans la Manche et la mer du Nord. La permanence de la menace est réelle ; de la cohésion nationale et européenne dépendra notre aptitude à la repousser. Face à la stratégie de conflictualité, l'Europe doit en effet montrer sa cohésion et sa faculté diplomatique.
Monsieur le ministre, face à la coalition des autoritaires, nous nous devons de réaffirmer la force du multilatéralisme et du droit international. La sécurité collective du continent européen dépend de notre soutien indéfectible aux Ukrainiens et de notre capacité à faire face à la Russie de Poutine.
Quelle est la feuille de route française pour la rencontre de la coalition des volontaires en ce moment même ? Comment la France compte-t-elle empêcher le président des États-Unis de contrecarrer chacune des initiatives diplomatiques européennes ?