Marcellin Nadeau Ma question porte sur la place des dits outre-mer dans l'action diplomatique française. L'actualité récente aurait pu me conduire, monsieur le ministre de l'Europe et des affaires étrangères, à vous interroger sur des sujets relevant davantage du volet extra-européen de vos missions, notamment à propos des manœuvres états-uniennes dans la mer des Caraïbes, qui nous ramènent dangereusement un siècle en arrière, à l'ombre de la fameuse doctrine Monroe.
Permettez-moi de préciser que les États caribéens sont inquiets, mais aussi très surpris du silence assourdissant de la France. Ils s'interrogent sur notre absence de réaction face à l'attitude guerrière du président des États-Unis d'Amérique qui, sous couvert de lutte contre le narcotrafic, menace non seulement des États mais aussi des civils dans leur activité – je pense en particulier aux pêcheurs de la mer des Caraïbes.
Pourtant, je veux me concentrer ici sur des sujets relevant plutôt de notre relation à l'Europe.
Premièrement, vous vous étiez engagé, ici même, à étendre aux dits outre-mer la charte européenne des droits sociaux à compter de la fin du mois d'avril dernier. Depuis, plus aucune nouvelle. Est-ce le signe d'une volonté du gouvernement français de ne jamais appliquer cette charte à nos territoires ? Pourquoi donc ? Si tel n'est pas le cas, dites-nous précisément à quelle échéance cette charte sera appliquée à nos pays.
Deuxièmement, s'agissant des fonds européens et de leur nouvelle gestion, notamment pour les aides relevant du programme d'options spécifiques à l'éloignement et à l'insularité, je me fais le relais des acteurs de l'agriculture de nos territoires, qui sont très inquiets. Pouvez-vous nous garantir que cette gestion ne portera pas préjudice à l'agriculture de nos pays ?
Enfin, s'agissant du même Posei, qu'en est-il de l'aide forfaitaire de 2 millions d'euros en faveur de la diversification et des petits agriculteurs de Martinique ? J'attends vos réponses.