Corinne Vignon Ma question s'adresse au ministre de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'espace.
Lors de l'inauguration du commandement de l'espace, le 12 novembre dernier à Toulouse, le président de la République a présenté la nouvelle stratégie spatiale française, rappelant que la France a toujours été une grande nation du spatial grâce à son autonomie de lancement, à ses start-up innovantes, au savoir-faire de grands industriels, à ses infrastructures de pointe ainsi qu'aux compétences uniques et à l'engagement scientifique du Centre national d'études spatiales. Cette stratégie nous rappelle que la souveraineté de notre nation dépend directement de notre capacité d'action dans le spatial et de notre place de leader en Europe.
Or aujourd'hui, mercredi 26 novembre, s'ouvre à Brême la réunion ministérielle consacrée à l'ESA, l'agence spatiale européenne, un rendez-vous décisif où l'Allemagne et l'Italie risquent d'annoncer des contributions très ambitieuses tandis que la France serait plus prudente. Ce rendez-vous qui fixe le cap budgétaire pour les trois prochaines années est déterminant pour les futurs lanceurs réutilisables, pour l'observation de la Terre – grâce à la nouvelle génération Copernicus et aux satellites Sentinel –, pour les télécoms – développement des constellations Iris2 et OneWeb, 5G satellitaire, communication quantique – et pour la navigation afin de préparer la suite de Galileo, ainsi que pour l'exploration avec Artémis. Si nous voulons préserver notre leadership historique et rester compétitifs face aux géants américains et chinois, nous devons être cohérents avec l'ambition affichée à Toulouse.
Ma question est donc la suivante : comment le gouvernement entend-il garantir que la France soit réellement à la hauteur de la stratégie annoncée et qu'elle demeure, dès le premier jour de cette réunion ministérielle, un moteur incontestable de l'Europe du spatial, à même de protéger notre souveraineté technologique et notre rang parmi les grandes puissances de ce secteur ?