Océane Godard J'associe à cette question mes collègues députés dijonnais Catherine Hervieu et Pierre Pribetich.
Monsieur le ministre de la justice, jeudi dernier, la maison d'arrêt de Dijon a été le théâtre d'une évasion spectaculaire. Deux détenus se sont enfuis en plein jour, exploitant les failles d'un établissement en situation de forte surpopulation carcérale, sous-doté et dont les bâtiments souffrent de malfaçons, tout comme ceux des établissements pénitentiaires de Gradignan, Rennes, Riom, Ducos ou encore Remire-Montjoly.
Certaines synchronicités sont stupéfiantes : j'avais prévu de visiter ce jour-là la maison d'arrêt de Dijon, aux côtés des personnels et des syndicats. Cette visite faisait écho au plan de lutte contre les objets illicites en prison que vous aviez annoncé et qui constituait une réponse plus qu'urgente, bien que tardive, pour Dijon, Rennes et d'autres prisons.
Vous avez également parlé de choc de sécurité. Il faut vous dire le choc qu'ont ressenti les personnels pénitentiaires et les syndicats suite à cette double évasion, qui s'est produite malgré les alertes nombreuses qu'ils avaient lancées ces derniers mois. Je tiens ici à saluer le professionnalisme des agents pénitentiaires et la dignité dont ils font preuve pour maintenir ce service public essentiel. Je salue également les forces de l'ordre, toujours à la recherche du second détenu.
Monsieur le ministre, je note une injonction paradoxale dans vos propos et interventions récents : en réponse aux évasions, vous restreignez les sorties collectives pensées pour préparer la réinsertion et limiter les récidives. Dans le même temps, vous semblez inciter à des libérations anticipées, faute de places et de moyens.
C'est donc votre cohérence que je mets en question. Rassurez les personnels pénitentiaires et les Français en nous précisant clairement quels moyens et quelles mesures vous entendez déployer à court, moyen et long terme, pour que « la conception de la prison [soit], bien sûr, la sanction, mais aussi l'amendement et la réinsertion », comme le disait avec force Robert Badinter.