Édouard Geffray, ministre de l'éducation nationale . Je vous remercie pour votre question et partage l'hommage que vous avez adressé aux 133 citoyennes et citoyens qui se sont mobilisés dans le cadre de la Convention citoyenne. J'y associe le Conseil économique, social et environnemental.
Sur le fond, certaines conclusions de la convention sont des points intéressants ou consensuels. Elle a dénoncé à juste titre la fragmentation des temps de l'enfant, qui sont mal articulés entre eux, quand ils le sont. Or les apprentissages se poursuivent au-delà des murs, le temps d'apprentissage ne se limitant pas au temps d'enseignement. Tout ce qui se passe en dehors de l'école constitue un temps d'apprentissage d'une autre nature qui contribue aussi à la construction de l'enfant. Je souscris donc à l'idée qu'il faut mieux articuler le temps de l'école avec ces temps-là, notamment avec le travail des 18 000 associations d'éducation populaire qui collaborent avec les collectivités territoriales.
Votre question m'amène aussi à parler des vacances, dont le problème tient plus au contenu qu'à l'organisation.
Vous savez comme moi que deux mois de grandes vacances en zone d'éducation prioritaire font perdre l'équivalent d'un mois d'apprentissage : on retrouve des enfants qui ont le niveau qu'ils avaient le 30 mai au lieu de celui du 1er juillet. C'est pourquoi nous travaillons notamment sur les stages de réussite, qui permettent chaque année à plusieurs centaines de milliers de jeunes de poursuivre leurs apprentissages et leur évitent par conséquent de subir cette perte de chances.
Le troisième point que vous avez évoqué est celui de la semaine de quatre jours, dont vous savez qu'elle n'est pas consensuelle. Assez difficile, sa mise en œuvre creuse certaines inégalités, territoriales, sociales, mais aussi entre les femmes et les hommes, puisque les parents doivent organiser la prise en charge de l'enfant en dehors du temps scolaire. Il s'agit donc d'une question sur laquelle nous travaillons, même si nous ne prendrons pas de mesures dans l'immédiat, car les choses sont malheureusement un peu plus compliquées que cela.