Matthieu Bloch Les Français découvrent avec stupéfaction le projet d'instauration d'un label de fiabilité des médias réputés dignes de confiance défendu par l'Élysée. Le président de la République entend distinguer les bons médias des mauvais, en une dérive illibérale historique et grave.
Hier soir, dans le cadre de sa croisade cathodique, l'Élysée a publié une vidéo caricaturale, révélant surtout l'obsession du chef de l'État à l'égard des médias qui refusent de repeindre en rose le bilan exécrable des gouvernements macronistes : chaos sécuritaire et migratoire, isolement diplomatique, services publics affaiblis, soumission à Mme von der Leyen, faillites massives d'entreprises, disparition de notre souveraineté alimentaire, effondrement du pouvoir d'achat des Français, crise budgétaire et démocratique profonde. La Macronie en déliquescence cherche aujourd'hui à obtenir par un label officiel l'image que les faits ne lui ont jamais accordée.
Comment ne pas souligner l'incohérence d'un président qui, à l'international, se pose en défenseur de la liberté des peuples, tout en envisageant, en France, d'instaurer un mécanisme qui reprend des logiques du Glavlit, organe chargé de filtrer, de surveiller et de censurer l'information en Union soviétique ?
Sommes-nous prêts, sous couvert de lutter contre la désinformation, à créer une version française du ministère de la vérité décrit par George Orwell il y a soixante-quinze ans et tristement illustré par l'histoire ?
Monsieur le premier ministre, allez-vous renoncer à ce nouveau nutri-score macronien, dangereux pour la liberté et le pluralisme ? L'Élysée va-t-il retirer son tweet insultant une chaîne de télévision privée et présenter des excuses ?