Christophe Barthès Madame la ministre, le 15 novembre, des milliers de viticulteurs se sont rassemblés à Béziers pour crier leur détresse. Quelques jours plus tard, vous vous êtes rendue dans l'Hérault pour leur répondre et vous avez annoncé des mesures, dont une aide à l'arrachage de 130 millions d'euros.
Je salue cette réponse rapide, mais permettez-moi d'exprimer au nom des viticulteurs audois une inquiétude légitime. Cette aide doit être inscrite dans le projet de loi de finances. Or, dans le climat politique actuel, le risque d'un rejet pur et simple du budget est réel. Si cela devait arriver, ces 130 millions d'euros s'envoleraient.
Concrètement, comptez-vous garantir que ces crédits seront bien versés, même en cas de rejet du budget ? Quelles voies alternatives avez-vous prévues ? Un décret ? Un fonds d'urgence spécifique ? Les viticulteurs ont besoin de certitudes, non d'espérances !
L'arrachage n'est qu'un pansement. Il permet à ceux qui le souhaitent de partir dignement, ce qui est indispensable, mais il ne résout rien pour ceux qui veulent continuer. Où sont les mesures d'accompagnement ? Où est le grand plan de reconversion que nous appelons de nos vœux ? Ces questions sont sur la table depuis bien longtemps. Les viticulteurs ont réclamé de la simplification et la suppression pure et simple de l'Anses. Qu'en est-il de ces demandes ?
Soyons toutefois lucides : le cœur du problème, c'est que les Français boivent de moins en moins de vin. La consommation s'effondre et nous laissons faire. Le vin est mis sur le même plan que les que les alcools forts. On lui colle des messages sanitaires terrifiants. La quasi-totalité des publicités pour cette boisson sont interdites, alors même que la promotion de la bière ou des alcools forts est autorisée. C'est une aberration économique, mais aussi culturelle.
Quand défendrez-vous enfin, aux niveaux national et européen, la spécificité du vin, qui est un produit de terroir et de modération et non un alcool comme les autres ? Face à la stigmatisation permanente, quand lancerez-vous une véritable campagne de valorisation de notre patrimoine viticole ?
Madame la ministre, pouvez-vous donner à nos viticulteurs l'assurance que même si le budget n'est pas adopté, l'État ne les abandonnera pas ?