Bartolomé Lenoir Ma question s'adresse à M. le premier ministre. La SNCF vient d'annoncer que la ligne de train qui relie Bordeaux à Lyon passera par Paris et ne traversera pas le centre de la France, lequel se retrouve une nouvelle fois oublié par les politiques publiques.
Cette décision affaiblira encore les campagnes et leur attractivité. Ironie du sort, elle a certainement été prise par l'ancien président de la SNCF, que vous avez nommé il y a quelques semaines ministre du travail. Elle nous blesse profondément car nous n'avons plus aucun moyen de nous en sortir. Les lignes de train de nos campagnes sont supprimées et la voiture coûte toujours plus cher, les certificats d'énergie augmentant massivement le tarif à la pompe. C'est la double peine ! La voiture est pourtant primordiale pour rendre visite à nos familles, aller travailler, amener nos enfants dans des écoles toujours plus éparpillées, ou simplement nous faire soigner. Depuis plusieurs mois, dans mon département de la Creuse, on ne soigne plus le cancer ; il faut faire plus de deux heures de route, aller-retour, pour se rendre à Limoges.
Les conséquences sont terribles. Les campagnes sont un vivier extraordinaire d'initiatives, de compétences et de patriotisme. Elles sont le pilier de notre souveraineté industrielle et alimentaire. Sans les campagnes, la France n'est rien. J'adresse d'ailleurs toutes mes pensées aux éleveurs, victimes d'une gestion catastrophique de la dermatose nodulaire, à qui l'on impose manu militari l'abattage de leurs troupeaux.
Comptez-vous permettre l'accès au train dans nos campagnes et baisser les prix à la pompe, monsieur le premier ministre ? Vous incarnez la dernière vague d'une politique du temps d'avant. En se retirant, la marée du macronisme découvre d'un bout à l'autre du territoire le corps bouleversé de la France.