Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations . Il est un principe dans la République française en 2025 : on ne dresse pas de liste. On ne dresse pas de liste, en l'occurrence pour désigner à la vindicte populaire vingt personnalités qui ont fait usage de leur liberté d'expression et qui ont assumé des propos conformes aux valeurs de la République. On a placé une cible sur leur dos, dans un pays qui a déjà connu, malheureusement, l'assassinat de personnes parce qu'elles étaient journalistes, enseignantes, caricaturistes ou humoristes. Ceux qui font cela savent pertinemment les conséquences que leurs actes peuvent entraîner sur la vie des personnes qu'ils désignent.
Permettez-moi de citer aussi les cas, plus récents, des salariés de l'Ifop ou de la journaliste indépendante Nora Bussigny, qui a eu le courage de publier un livre d'enquête et qui se trouve désignée à la vindicte populaire.
Une procédure disciplinaire a été engagée. Heureusement, cet enseignant a immédiatement été suspendu. Car ce qui s'est passé ne reflète pas ce qu'est notre université : un lieu destiné à éclairer, à émanciper, à accueillir le débat.
À chaque fois qu'il est question de la lutte contre l'antisémitisme, des faits sont révélateurs : en l'espèce, l'indignation n'a pas été totalement collective. Le président de La France insoumise – l'éternel président de La France insoumise –, et avec lui une fraction de cet hémicycle, a pris la défense de cet enseignant et exprimé sa « solidarité », nous qualifiant de « censeurs à l'université ».
Soyons clairs : il y a ceux qui comme vous, madame la députée, et comme le gouvernement, combattent l'antisémitisme ; et il y a ceux qui l'accompagnent et l'attisent. Combattre l'antisémitisme, c'est aussi combattre LFI.